L’APS, une association pour l’inclusion des enfants et adultes sourds

Soutenue par la province Sud, l’association pour la surdité œuvre au quotidien pour l’inclusion des enfants et adultes sourds. Elle accompagne ses bénéficiaires vers l’autonomie, par la traduction et la communication. Un service qui va bientôt s’inscrire dans le régime handicap de la Cafat, pour plus de pérennité, de suivi et de transversalité avec les autres acteurs de la surdité.


« Nous aidons les enfants à construire leur langue et nous continuons à être présents durant toute leur vie d’adulte ». Pour Lauriane Lombard, coordinatrice de l’association pour la surdité (APS), et son équipe : « L’APS s’adapte à tous les besoins et accompagne ses adhérents pour favoriser leur autonomie ».

Sa mission première : l’accompagnement scolaire

Fondée il y a plus de vingt ans par des parents d’enfants sourds un peu démunis face à l’absence de prise en charge du handicap, l’association a fait venir sur le territoire les premiers professionnels de l’inclusion. Puis, il y a dix ans, elle a mis en place un dispositif d’accompagnement scolaire, qui lui permet aujourd’hui d’aider au quotidien une vingtaine d’enfants, aussi bien à l’école que dans la vie de tous les jours. « Trois codeuses et deux interfaces interviennent ainsi dans les établissements scolaires du Grand Nouméa et c’est la mission principale que s’est donnée l’association. » Chaque intervenante passe environ 27 heures en classe, à accompagner entre 5 et 8 élèves, auxquelles s’ajoutent les temps de préparation scolaire et de développement de projets. Outre cette mission première, l’APS réalise de l’accompagnement social pour une dizaine d’adultes, principalement de la traduction et de la communication, « pour les démarches de recherche d’emploi ou le code de la route, par exemple ».

L’objectif de l’APS : « promouvoir l’autonomie des personnes déficientes auditives en leur permettant de développer une langue dans le respect du choix d’un mode de communication, gestuel ou oral. »

Vers plus de visibilité

Autour de la personne sourde, de nombreux autres intervenants apportent un accompagnement professionnel : enseignant, assistant de vie scolaire, orthophoniste, ORL, audioprothésiste, pédiatre, chirurgien… Si l’association fait pleinement partie de ces acteurs de proximité, « elle reste méconnue des professionnels, car il y a un manque de coopération et de moyens au sein de notre filière », regrette la coordinatrice. Cependant son projet d’établissement L’île aux mains devrait apporter à l’APS une nouvelle visibilité, en sus des projets innovants qu’elle met en place pour valoriser son action et son engagement auprès des personnes sourdes comme du grand public : cours de flamenco, randonnée signée, papier cadeau aux motifs langue des signes, glossaire de la surdité… Car la sensibilisation est loin d’être achevée, auprès du grand public comme des premiers concernés : « il reste compliqué de faire prendre conscience à nos adhérents sourds qu’ils ont des droits à revendiquer, le droit à l’accessibilité notamment. »

Déborah et Aline sont interfaces en langue des signes française, Aymeline et Louisa sont codeuses en langue parlée complétée (de gauche à droite)

… et de pérennité

Dans cet accompagnement des personnes sourdes, l’APS passe cette année un nouveau cap : « il est pour nous aujourd’hui nécessaire de devenir un service médico-social. Nous ne serons bientôt plus une association, mais nous fournirons un service pris en charge par le régime handicap de la CAFAT, sur la base d’un plan d’accompagnement personnalisé, présenté par la personne sourde au conseil du handicap et de la dépendance (CHD). Seule la procédure change, mais pour les bénéficiaires nous continuerons à assurer nos missions de la même manière », rassure la coordinatrice. L’association est suivie sur ce projet d’établissement médico-social L’île aux mains, par le service d’accompagnement des organisations médico-sociales (SAOMS) de la province Sud. « Le SAOMS dispose d’un vrai regard sur les besoins et sur ce qui existe dans le paysage médico-social. Il a une réelle connaissance de ce que fait l’APS et des enjeux qu’il y a derrière, et une conscience de notre valeur ajoutée. Je suis très satisfaisante de son accompagnement : il y a une véritable volonté de partenariat pour réaliser au mieux notre projet », témoigne la coordinatrice. Un soutien provincial de longue date puisque l’association a également été subventionnée jusque-là par la collectivité. Cette année par exemple, l’APS a bénéficié d’une subvention de fonctionnement de 10 millions de la part de la Province, afin de participer aux coûts liés aux postes éducatifs intervenant auprès des enfants sourds et aux frais de fonctionnement de l’association.

L’APS compte 2 interfaces et 3 codeuses, et souhaite embaucher bientôt un formateur en langue des signes, afin de proposer des cours à l’entourage des personnes sourdes.

Contact :

Association pour la surdité

23 65 16 / secretariat@aps.nc / facebook : APS Association Pour la Surdité Nouvelle-Calédonie
youtube :
Association Pour la Surdité Nouvelle-Calédonie


Le saviez-vous ?

  La Nouvelle-Calédonie compte 400 adultes et 80 enfants sourds. (Recensement 2016)
➢  La langue des signes est une langue à part entière avec sa propre syntaxe etc.
➢  Le métier d’interface en langue des signes(LSF) consiste en la traduction d’une langue à l’autre (de la langue française en langue des signes et vice-versa) en étant une aide à la communication.
➢  Le métier de codeur en langue parlée complétée (LPC) s’appuie sur la phonétique de la langue parlée (française ou autre) pour rendre visible les sons.
➢  L’interprète traduit un discours fidèlement, sans feed-back, tandis que l’interface ou le codeur accompagnent une personne sourde, en s’assurant de sa compréhension et en reformulant si nécessaire.

Cliquez ici pour retrouver la vidéo sur l’association, tournée en 2018 par la province Sud.