Les très petites entreprises ont le vent en poupe !

La crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales n’auront pas raison des très petites entreprises ! C’est ce que démontrent deux enquêtes commanditées par l’ADIE et l’Agence Française de Développement (AFD). En effet, 64 % des travailleurs indépendants déclarent que la crise a renforcé leur détermination à être entrepreneur. Convié par Philippe Blaise, le premier vice-président de la province Sud, l’institut QuidNovi a révélé les résultats de cette étude aux élus et acteurs économiques. « L’objectif étant d’engager une démarche, de réfléchir à la manière dont nous pouvons accompagner ceux qui ont l’envie de créer leur entreprise et de leur donner les moyens de réussir », a-t-il déclaré.


« Les entreprises individuelles représentent une part importante du tissu économique local. Qui sont-elles ? Dans quel état d’esprit sont-elles ? » C’est par cette phrase introductive que Raphaël Larvor, le directeur provincial du Développement Économique et du Tourisme a lancé le sujet. Cofinancées par l’Adie et l’AFD, les deux enquêtes* ont pour objectif de « mieux connaître pour mieux comprendre ces petits entrepreneurs afin de mieux prendre compte cette population discrète mais active en Nouvelle-Calédonie », a-t-il souligné.

Pour Philippe Blaise le bilan de cette enquête offre « l’occasion de se réunir pour échanger sur un sujet essentiel et se mobiliser entre collectivités, professionnels, acteurs du monde économique et politique pour aider les entrepreneurs. » Il ajoute : « C’est un sujet majeur en Nouvelle-Calédonie qui touche à l’égalité des chances et à la cohésion sociale. » Rappelant par la même occasion que la province Sud propose de nombreux dispositifs d’aide aux entrepreneurs : « Cela passe par le soutien financier, mais pas seulement. Cela passe également par un gros effort que l’on doit mener dans les collectivités pour simplifier les démarches administratives et leur dématérialisation. »

L’un des objectifs de la démarche est de connaître la santé des entreprises et l’état d’esprit des entrepreneurs, identifier les motivations et les freins à la création d’entreprise, connaître les revendications des petits entrepreneurs.

Alexandre Rutecki, directeur de l’Adie Nouvelle-Calédonie  et Wallis et Futuna et Virginie Bleitrach, directrice régionale Océan Pacifique de l’AFD.

L’esprit d’entreprise n’est pas un mythe en Nouvelle-Calédonie

La première motivation des entrepreneurs interrogés est de créer leur propre emploi. Ainsi 61 % citent comme motivation principale le fait de devenir leur propre patron. Bien que fortement touchés par la crise sanitaire qui, loin de les décourager, a renforcé la détermination de la plupart d’entre eux. Parmi ces entrepreneurs, plus de la moitié sont des femmes, l’entrepreneuriat leur permet de se sentir plus autonomes.

Mais au-delà, créer son entreprise s’avère être un acte citoyen pour les travailleurs indépendants qui veulent être acteurs du changement de la société. Ils prennent en compte l’impact de leur activité sur la société et l’environnement. Ainsi, 83 % d’entre eux souhaitent contribuer à la transition écologique du territoire calédonien. 86 % sont en faveur d’un modèle économique plus inclusif pour les jeunes et les travailleurs en situation de handicap et 89 % souhaitent que leurs produits ou services soient accessibles au plus grand nombre.

Élus de la province Sud lors de la présentation de l’enquête sur les TPE le 23 septembre : Nina Julié, Naïa Wateou, Julien Tran Ap, Léa Tripodi, Christiane Saridjan-Verger et Nadine Jalabert.

Un besoin de reconnaissance dont il faudra tenir compte

L’enquête révèle que les travailleurs indépendants qui représentent plus de 24 000 entreprises calédoniennes à la fin de l’année 2020 ont parfois l’impression de ne pas exister aux yeux de la société. Ce manque de reconnaissance est ressenti aussi de la part des autorités politiques. 44 % des entreprises pensent que l’État, le gouvernement, les provinces et les communes ne reconnaissent pas l’impact positif des travailleurs indépendants sur la société.

La crise sanitaire a renforcé les inégalités entre les travailleurs indépendants et les salariés. Privés de certains droits sociaux, ils se sentent moins protégés et moins confiants en leur avenir. Les trois-quarts des entrepreneurs actifs estiment qu’ils ont plus besoin que jamais d’être soutenus pour maintenir leur activité. Pour la majorité il est urgent que les travailleurs indépendants aient les mêmes droits sociaux que les salariés.

En revanche, l’enquête met en exergue que les Calédoniens dans leur grande majorité, soutiennent les revendications des travailleurs indépendants. Nombreux pensent que l’augmentation du nombre des travailleurs indépendants permettrait notamment l’insertion des jeunes et la reconnaissance des talents du pays. Enfin, la majorité des répondants à l’enquête pensent que l’augmentation du nombre de femmes entrepreneures faciliterait leur émancipation et la lutte contre les violences dont elles sont victimes.

« Malgré les difficultés budgétaires, j’ai insisté pour que la province Sud maintienne l’aide financière à l’ADIE, à hauteur de 45 millions de francs. Et nous sommes très contents car c’est de l’argent bien utilisé », a déclaré Philippe Blaise, 1er vice-président de la province Sud.

La Province veut rassurer les TPE de son soutien

L’entrepreneuriat au féminin est un sujet cher à Naïa Wateou, élue et présidente de la commission provinciale du développement économique, elle en a fait le fil rouge du Nouméa Women’s Forum lancé pour la première fois en 2021. La deuxième édition qui vient de s’achever, a mis à l’honneur l’entrepreneuriat artisanal. Ce secteur représente plus de 9 000 entreprises en province Sud. Pour la défenseure du droit à l’initiative économique des femmes : « Le soutien aux entreprises et à l’entrepreneuriat est un axe primordial, cela fait partie d’un axe stratégique de la province Sud. » L’étude présentée par l’institut Quidnovi présente pour l’élue un double intérêt : « D’une part, ce sont des données qui sont essentielles en matière de retour de terrain et de remontée sur les difficultés que rencontre l’entrepreneuriat. D’autre part, cela nous permet de voir comment on adapte nos différents dispositifs pour venir en renfort aux travailleurs indépendants. » Consciente de ces difficultés, elle souligne : « À l’échelle de la Province, nous sommes en train de mettre en place des dispositifs d’accompagnement. Les résultats de ces deux enquêtes nous confortent dans l’idée qu’il y a un bassin économique essentiel qui doit être préservé. Les TPE nous ont montré leur capacité de résilience dans une situation de crise économique et sanitaire, ainsi qu’un contexte politique incertain. »

 

*Les deux enquêtes : la première « Mégaphone » s’intéresse aux personnes ayant lancé leur activité, étant en phase de création ou ayant un projet non concrétisé – La seconde « Rebond » interroge un échantillon représentatif de la société calédonienne (salariés, demandeur d’emploi, chefs d’entreprise ou encore retraités) pour mesurer le soutien que les habitants portent à la situation des entrepreneurs. 461 personnes ont participé à cette enquête.

 

Équipe de l’Adie.


45 millions, c’est le soutien financier de la province Sud à l’ADIE en 2022

La province Sud soutient financièrement cette association depuis sa création au travers de subvention de fonctionnement, de financement de dispositifs de formation et d’émergence de projets.