La Maison Célières redonne vie aux « Arts et divertissements » d’antan

Le Mois du Patrimoine nous invite à faire un saut dans le temps avec un focus cette année sur les arts et divertissements d’autrefois. À cette occasion, la Maison Célières a ouvert ses portes et mis à l’honneur les activités ludiques et les loisirs de jadis pratiqués notamment dans le quartier du Faubourg-Blanchot. Sous la houlette de l’association Témoignage d’un Passé, organisatrice de cet événement, contes, films, ateliers manuels et jeux divers ont ravi les visiteurs de 7 à 77 ans.


À quoi s’amusaient nos grands-parents et arrière-grands-parents quand ils avaient du temps libre ? Pour le savoir direction la Maison Célières mercredi 31 août, dans le cadre du Mois du Patrimoine initié par la province Sud. Pour cette journée portes ouvertes, l’association Témoignage d’un Passé a concocté un programme aux petits oignons pour petits et grands. Et malgré les caprices de la météo, le public n’a pas boudé son plaisir !

L’accent est mis sur les divertissements et loisirs pratiqués, notamment dans le quartier du Faubourg-Blanchot. Deux lieux aujourd’hui disparus étaient emblématiques raconte Marie-Claire Mary, responsable de la Maison Célières : « Il y avait le cinéma drive-in Alizé. C’était le premier cinéma du territoire. On y projetait deux films à chaque séance. Les familles avec leurs enfants ainsi que les jeunes étaient très friands de ces soirées au drive-in un peu à l’américaine. Cela a existé de 1963 à 1982. Si l’on remonte plus loin dans le temps, il y avait le terrain de sport Saint-Michel qui était le terrain du patronage Saint-Joseph fondé en 1908 qui regroupait les garçons. Beaucoup d’événements sportifs s’y organisaient. »

À l’époque, il y avait beaucoup moins de divertissement qu’aujourd’hui, aussi « chaque événement était très attendu et il y avait un fort taux de participation, ajoute Marie-Claire Mary. Chaque fête était vécue de façon très enthousiaste par la population. » Ainsi, le carnaval et surtout le Mardi gras était un moment particulièrement festif pour les enfants. Affublés de masques ou de costumes, ils déambulaient dans le quartier. Tout le monde voulait voir et être vu.

Retour vers le passé

Côté jardin devant la maison, des jeux « désuets » ont pris d’assaut la pelouse. Le croquet, le cerceau que l’on faisait courir devant soi et plus tard dans les années 60-70, le hula-hoop que l’on faisait tourner autour de la taille.

En essayant d’initier ses deux fils Ruben et Louam au hula-hoop, Marlène, une jeune maman semble s’amuser tout autant qu’eux. Elle confie : « ça change des activités qu’on fait d’habitude et c’est aussi l’occasion de leur faire découvrir les jouets de l’époque de leurs grands-parents et arrière-grands-parents. » L’intérieur de la maison avec ses meubles anciens ont surpris les garçons. « Ils m’ont dit : c’est pas du tout comme dans nos chambres. Je leur ai demandé : qu’est-ce qui est différent ? Le lit, le bureau, les stylos ? »

Dans la salle de projection, un film en format super 8 aux couleurs vieillies sans le son montre une sortie en mer. La caméra fixe les coraux dans une mer turquoise. Le projectionniste commente : « On faisait déjà des films sous l’eau en 1955 ! » L’instant d’après, on voit sur la plage un chien qui aboie sur un tricot rayé dans une lutte sans merci. Puis l’objectif bouge pour s’arrêter sur l’entrée du Phare Amédée. « À l’époque, on allumait le phare manuellement ! » Commente encore le projectionniste.

Pour Virginie, cette visite permet : « de partager un moment culturel avec mes deux fils Côme et Solal et de découvrir la Maison Célières qui est juste magnifique ! » La vieille dame du Faubourg qui fête cette année ses 124 ans n’a rien perdu de sa superbe. La bâtisse d’architecture coloniale, anachronique dans le paysage urbain attise encore la curiosité des Calédoniens.

« Souvenirs goutte à goutte »

Dans la maison, la salle à manger a été reproduite dans le style des années 1900 avec son buffet en bois massif et sa table dressée. On y verrait presque la famille Célières au complet : Thomy le père, Marie Eugénie, la mère et leurs trois filles en train de souper.

Les objets anciens ont cette faculté de faire resurgir des souvenirs enfouis. Ému, Pascal, un papa de 4 enfants confie : « Je suis originaire du Puy-en-Velay dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et j’ai tout de suite reconnu cet objet qui est un carreau, cela sert à faire de la dentelle du Puy. J’ai eu la chance de connaître mon arrière-grand-mère et j’ai le souvenir qu’elle allait à une vitesse hallucinante sur son carreau. J’ai pris une photo et l’ai envoyée à ma mère en métropole pour lui dire : tiens, tu vois, même ici, le Puy est représenté ! »


Exposition « Quand on s’amusait au Faubourg Blanchot »
Jusqu’au 17 septembre, à la Maison Célières

Le terrain Saint-Michel et ses manifestations sportives, le Cinéma Alizé Drive In et ses belles soirées. Ils ont disparu, remplacés par des maisons, écoles, commerces… Venez découvrir leur surprenante histoire.

Du mardi au vendredi, de 8 h à 12 h et de 13 h à 17 h Le samedi de 8 h 30 à 11 h 30.


Consulter le programme interactif du Mois du Patrimoine : https://www.province-sud.nc/mois-du-patrimoine/programme