Budget supplémentaire : maintien du cap vers la relance économique et la maîtrise des dépenses

Ce jeudi matin, les élus de l’assemblée provinciale se sont réunis dans l’hémicycle pour adopter plusieurs projets de délibérations. Parmi les grandes mesures votées figure notamment le Budget supplémentaire, habile équilibre entre investissements en faveur de la relance économique et réduction des frais de fonctionnement.


C’est sous la présidence de Sonia Backès que se sont déroulées les discussions, ce jeudi 4 août. Cinq projets de délibération ont ensuite été présentés à l’assemblée, dont le principal concerne le budget supplémentaire de l’année en cours.

Un budget supplémentaire qui fait la part belle aux investissements et au cadre de vie

Issu de 2,941 milliards provenant de nouvelles mesures financés en partie par de l’emprunt et de 2,829 milliards de marge de manœuvre du CA 2021, le budget supplémentaire de la province Sud s’élève à 3,9 milliards de Francs. Adopté en assemblée avec un avis favorable de tous les groupes à l’exception de l’éveil océanien, il fait sa priorité des investissements pour relancer l’économie (cumulé avec le budget primitif, il s’élève 13,7 milliards au total en 2022) et entend poursuivre la mise en œuvre des projets essentiels, tout en veillant à maîtriser ses frais de fonctionnement. « Ces investissements pérennes, permis par un taux d’endettement raisonnable », visent principalement à l’amélioration du cadre de vie et permettent notamment de renforcer des projets de développement économique et touristique, de soutien aux communes, de restauration écologique, de création d’une gare routière pour le transport interurbain, d’amélioration de la sécurité ou de prévention des feux de forêts.

Malgré les difficultés, la province Sud parvient, à travers ce budget supplémentaire, à maintenir un très haut niveau dans ses investissements et soutient ainsi le tissu économique local.

Un budget solidaire et maîtrisé, malgré la réduction drastique des dotations décidées par le gouvernement

Avec des dotations globales de la Nouvelle-Calédonie affichant une chute de 6,1 % (soit 2 milliards de francs en moins), les échanges de la séance se sont rapidement orientés sur la gravité de la situation, et plus particulièrement sur la problématique des coûts de l’Aide médicale (1,924 milliards ajoutés par ce budget supplémentaire) et de l’Enseignement privé (497 millions), deux compétences assurés par la Province pour le compte notamment de la Nouvelle-Calédonie mais dont la collectivité ne peut plus supporter seule le coût. À eux deux, ces postes représentent la majeure partie des 2,738 milliards du budget supplémentaire consacrés aux interventions et subventions. « C’est effectivement une vraie problématique », souligne Sonia Backès avant d’ajouter quelques éléments de perspective : « le constat est clair concernant le rôle de chacun dans l’enseignement privé. Pour l’aide médicale avant d’arriver au dispositif unique, harmonisé et optimisé, que nous appelons de nos vœux, nous allons pouvoir traiter la question de son financement grâce à la proposition de loi du pays que j’ai déposée avec le président de la province des Iles loyauté. » Un point à discuter urgemment donc, comme l’a confirmé Philippe Blaise, dénonçant la désolidarisation du gouvernement sur ce point « si la Province arrive aujourd’hui à assurer le maintien de ces deux services essentiels, c’est à dire l’accès aux soins et à l’éducation, ce n’est pas grâce au gouvernement – qui a refusé d’utiliser une partie de l’emprunt accordé par l’Etat, pour garantir l’Aide médicale et l’enseignement privé -, mais plutôt grâce au redressement depuis 2019 des comptes provinciaux, qui a permis d’obtenir de bons résultats en 2021. Ce ne sera malheureusement pas le cas tous les ans, la collectivité ayant dû entamer en 2022 son fonds de roulement, pourtant patiemment rétabli par 3 années de rigueur. »

Avec le budget supplémentaire adopté hier matin par l’assemblée, la collectivité continue de soutenir fortement la relance économique locale, tout en étant exigeante sur la maîtrise de ses dépenses de fonctionnement et en militant pour la simplification de l’exercice des compétences croisées.

Agriculture et pêche : la Province maintient sa participation aux cotisations RUAMM

Les élus ont ensuite examiné la proposition de délibération concernant l’évolution de l’aide à l’assurance-maladie pour les pêcheurs et agriculteurs, intervenant à la suite du retrait de la CAFAT du dispositif. Au cours de la séance, l’exécutif a tenu à réaffirmer l’écoute et le soutien apportés aux agriculteurs et aux filières en difficulté, « quelle que soit le type d’agriculture, et ce sous différente formes : formation, accompagnement technique de proximité, aide à l’investissement ou à l’installation… » une considération partagée par l’assemblée, qui a adopté à l’unanimité cette mesure visant à maintenir la prise en charge par la Province d’une partie des cotisations RUAMM de ces deux professions, tout en se recentrant sur un public aux revenus modestes.

La Province Sud rayonne au-delà de ses frontières

Parmi les autres délibérations présentées, celle concernant l’adhésion de la collectivité au programme Territoires Volontaires a été adoptée à l’unanimité. Cette convention permettra d’offrir aux Calédoniens, grâce au soutien financier de l’Etat et de la province Sud, la possibilité d’effectuer leur service civique à l’étranger et de revenir forts d’une expérience d’ouverture sur le monde. Autre délibération adoptée : la province Sud va adhérer à l’Assemblée des départements de France, dans l’objectif de bénéficier d’un partage d’expérience avec les autres adhérents qui sont les départements métropolitains et ultra-marins mais aussi 7 autres collectivités à statut particulier mais exerçant des compétences comparables.