Talents calédoniens : un tremplin pour Arthur Espinosa, diplômé de la prestigieuse école d’ingénieurs ISAE de Toulouse

Favoriser le recrutement des jeunes talents calédoniens. C’est l’un des objectifs que s’est donnée la Province, en mettant notamment en place l’aide à l’emploi en faveur des jeunes diplômés calédoniens. Arthur Espinosa, jeune ingénieur, vient de rejoindre l’entreprise BLUECHAM SAS pour son premier emploi sur le territoire. Une opportunité pour lui comme pour son employeur, qui a pu bénéficier de l’aide provinciale. Ils racontent.


« Pouvoir travailler dans une entreprise avec autant de valeur ajoutée dans un secteur aussi pointu, et que ce soit chez moi, en Nouvelle-Calédonie, représente une véritable chance ». Pour Arthur Espinosa, jeune diplômé calédonien de l’école d’ingénieurs ISAE[1]-Supaéro à Toulouse, revenir à terme sur le Caillou était une évidence, mais il avait quelques hésitations : « Je suis attaché à la Nouvelle-Calédonie, et la Covid cette dernière année a accentué l’envie de rentrer. Pourtant, on se dit qu’en métropole on aura plus de choix et d’opportunités et je ne voulais pas compromettre la qualité de mon stage de fin d’études. » C’est alors qu’un ami lui parle d’une offre d’emploi « ingénieur science des données » chez BLUECHAM SAS, à Nouméa. Il va alors intégrer l’entreprise, d’abord en stage puis en CDI : « Je pouvais ainsi rentrer, tout en rejoignant une équipe dynamique, pour travailler sur des projets stimulants et durables, complètement en accord avec ma formation : une aubaine ! »

[1] Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace

Une activité de pointe sur le Caillou

L’entreprise BLUECHAM SAS est spécialisée en cognitique. Elle élabore et commercialise des solutions qui permettent, grâce notamment à l’intelligence artificielle, de traiter et rendre intelligible des données satellites. « Nous transformons et automatisons la connaissance à partir de données issues de capteurs physiques, de mesures humaines ou d’indicateurs sociétaux. Cette automatisation permet d’apporter une connaissance à grande échelle et de partager une base d’informations communes pour faciliter le processus de prise de décision. » À titre d’exemple, Arthur Espinosa a créé l’algorithme qui permet de reconnaître les cocotiers sur une image satellite afin de pouvoir établir facilement et en un temps réduit le nombre d’entités et leur position sur une zone déterminée. Pour cela, le jeune ingénieur définit d’abord le modèle et son architecture (réseau de neurones), qu’il entraîne ensuite sur un gros volume de données, puis il valide ses performances sur de nouvelles données, jusqu’au produit final. La solution technologique Qëhnelö (porte ouverte en drehu), développée depuis 12 ans par BLUECHAM SAS propose ensuite un accès aux utilisateurs finaux via une interface sur le Cloud. Les non-spécialistes peuvent ainsi s’approprier facilement les informations géographiques traitées par l’entreprise. « Cette technologie apporte une continuité entre l’innovation et la société civile », résument Arthur Espinosa et Rémi Andreoli, son directeur des applications spatiales. L’objectif ? Fournir de la donnée fiable pour les décisions éclairées dans les politiques environnementales et publiques.

Le modèle développé par le jeune ingénieur permet de couvrir avec précision des zones étendues en un temps réduit : « En moins d’une heure, on peut traiter environ 25 km² d’image satellite très haute résolution, et y détecter plusieurs centaines de milliers de cocotiers ! »

Un système gagnant-gagnant

Le recrutement de profils comme celui d’Arthur représente également une très belle opportunité pour l’entreprise explique Rémi Andreoli : « Pour nous, c’est la configuration idéale : dans notre domaine très spécialisé, qui demande une véritable montée en compétence au moment de la prise de poste, c’est idéal de commencer par un stage puis, grâce à l’aide de la Province, d’apporter une vraie sécurité avec un CDI. » En effet, l’entreprise a pu bénéficier de l’aide à l’emploi en faveur des jeunes diplômés calédoniens, qui consiste en la prise en charge pendant 18 mois des charges sociales liées à ce poste. « Dans cette période un peu critique, poursuit-il, l’aide de la Province nous a permis d’enclencher sereinement un CDI, ce qui apporte plus de visibilité et de motivation pour la personne embauchée. Il reste compliqué de capter puis fixer durablement en Nouvelle-Calédonie de tels profils de très haut niveau, alors nous avons tout intérêt à recruter des Calédoniens talentueux quand une telle opportunité se présente. »

Avec son travail de restitution centré sur l’algorithme d’intelligence artificielle développé pour l’automatisation du comptage des cocotiers, Arthur Espinosa a reçu le prix OTSU (observation de la terre et sciences de l’univers) de son école d’ingénieurs.

Plus d’infos