L’association Béthanie soutient les femmes en difficulté depuis 50 ans !

Financée en grande partie par la Province, l’association Béthanie accompagne les femmes, avec ou sans enfants, qui sont en grande précarité. Ses deux établissements, un foyer d’insertion et une résidence de transition vers l’autonomie, offrent ainsi l’opportunité à celles qui traversent un moment critique de repartir du bon pied dans la vie.


« L’histoire de Béthanie remonte 50 ans en arrière, quand cette institution catholique tenue par des sœurs accueillait des femmes en difficulté et des « filles-mères ». Devenue une association laïque à la fin des années 1990, la structure s’est professionnalisée par la même occasion », retrace Laure Regnauld, sa directrice. Si elle a géré un temps trois établissements, l’association a décidé il y a quelques années de se concentrer sur ses deux structures d’accueil principales : le foyer en centre-ville et la résidence à l’Anse Vata.

De la précarité à la (ré)insertion

Situé à proximité de la cathédrale St-Joseph à Nouméa, le foyer Béthanie accueille les femmes en grande précarité, seules ou avec un ou deux enfants : « Elles n’ont pas d’emploi, peu d’expérience et de diplôme, souvent un parcours de vie très difficile, un suivi médical inexistant, une méconnaissance de leurs droits, et n’ont plus aucun recours familial ou amical. Elles trouvent ici une prise en charge complète, dans un endroit sécurisé. Elles peuvent ainsi se poser un peu avant de commencer à travailler leur projet. Nous les accompagnons vers l’autonomie, notamment par l’apprentissage de la gestion budgétaire. Dans l’optique de les responsabiliser, elles participent d’ailleurs à la vie en collectivité et donnent une petite participation financière. »

Le second établissement assure le rôle de sas d’autonomie par le logement : les occupantes, qui peuvent s’installer avec leurs enfants, disposent d’un travail mais ont besoin d’une solution d’habitation temporaire, le temps d’être tout à fait prêtes à s’assumer.

L’équipe du foyer s’affaire en cuisine.

Deux foyers qui fonctionnent à plein régime

« Nous avons connu une baisse de fréquentation ces trois dernières années, alors même que les violences ont augmenté. Mais depuis la rentrée, notre activité a retrouvé son rythme habituel et les deux structures affichent presque complet. » Orientées vers l’association par les travailleurs sociaux lors des commissions mensuelles d’orientation, de placement, de suivi et d’intégration, les femmes sont accueillies par une équipe pluridisciplinaire. Ainsi 12 personnes, dont la plupart sont là depuis plus de 15 ans, s’investissent au quotidien pour faire tourner la structure, 24h/24, toute l’année et accompagner les résidentes. « La véritable richesse de Béthanie, c’est le suivi très humain et très personnalisé que l’association propose », affirme la directrice. Si d’autres structures sont venues renforcer l’offre d’hébergement pour les femmes en difficulté ces dernières années, le foyer Béthanie reste la référence historique pour le public calédonien. Soutenue d’ailleurs par la province Sud depuis de nombreuses années, l’association est reconnaissante de cette constance : « Outre la solidarité très forte qui nous entoure, cette subvention représente une grande partie de notre budget annuel et, dans la situation de restrictions que nous connaissons tous, nous nous réjouissons de pouvoir en bénéficier pour continuer à assurer notre rôle auprès des femmes en difficulté ».

Les deux structures peuvent accueillir jusqu’à 90 personnes au total, y compris des placements en urgence. Ici, la cour du foyer Béthanie en centre-ville.