Gestion de déchets : « Ne jetez plus les médicaments, rapportez-les dans les pharmacies ! »

Comme l’a annoncé ce lundi matin Françoise Suve, membre de la commission de l’Environnement : les médicaments non-utilisés et périmés peuvent désormais être rapportés dans toutes les pharmacies et établissements de soins vétérinaires situés en province Sud. Dans le cadre de l’opération pour l’élimination de stocks historiques de déchets, la collectivité passe à l’acte sur la filière de médicaments périmés et ceux non-utilisés. Les explications avec Christiane Saridjan-Verger, élue et membre de la commission de l’environnement à la province Sud.


Fin 2021, la province Sud a lancé une vaste campagne de collecte de déchets dits dangereux sur tout son territoire. Expliquez-nous dans quoi s’inscrit cette nouvelle campagne ?

La Province, à travers son nouveau Schéma Provincial de Prévention et de Gestion des Déchets 2018-2022 vise deux objectifs : prévenir et réduire la production et la nocivité des déchets avec pour ambition environnementale de réduire de 50 % des déchets dangereux traités d’ici 2022. Dans le cadre de ce vaste programme, plusieurs campagnes pour l’élimination de stocks historiques de déchets ayant un impact sur l’environnement, mais aussi la santé, ont été lancés depuis le début de notre mandature.

C’est dans cette continuité que la collectivité s’attaque aujourd’hui à la filière des médicaments périmés et ceux non-utilisés (MNU) avec une opération de collecte à l’échelle de son territoire. Cette opération accompagne la mise en œuvre opérationnelle de la nouvelle filière de déchets MNU réglementée par le code de l’environnement de la province Sud.

Pourquoi les médicaments non-utilisés et périmés plus précisément ?

Cette nouvelle filière de gestion des déchets est réglementée par la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP). Ce sont par conséquent les importateurs qui ont la responsabilité de la collecte et du traitement des MNU issus des médicaments qu’ils mettent sur le marché ou qu’ils utilisent pour leur propre pharmacie.

Sachant que les centres hospitaliers, les cliniques, les centres médico-sociaux qui disposent d’une pharmacie à usage intérieur (PUI), gèrent déjà les MNU via les prestations de service (au même titre que les autres déchets hospitaliers). Cette nouvelle réglementation a donc pour principal objectif de collecter et de traiter les MNU issus des ménages à partir des pharmacies dites de ville. Le second objectif est de sensibiliser la population au tri des médicaments non-utilisés.

Quels sont les médicaments concernés ?

Il s’agit des médicaments non-utilisés à usage humain ou vétérinaire issus des ménages jusqu’ici non traités. Comme les sirops, les solutions, les suppositoires, les ovules comprimés, les gélules, les poudres, les pommades, les crèmes, les gels, les aérosols ou encore les sprays. Je précise toutefois que tout ce qui est vendu en pharmacie ne sont pas des médicaments par exemple le dentifrice ou de la crème solaire.

Comment cette vaste opération de collecte de médicaments non-utilisés a-t-elle été mise en place à l’échelle de la province Sud ?

Nous nous sommes appuyés sur les pharmacies et les établissements de soins vétérinaires, mais également les acteurs de la filière : grossistes répartiteurs/importateurs, syndicats des pharmaciens, syndicats des vétérinaires, la DASS NC, l’ordre des médecins, l’ordre des vétérinaires, etc.

Cette opération, lancée par la province Sud avec l’aide financière du fonds de la taxe de soutien aux actions de lutte contre les pollutions, géré par Ecopharm, l’éco-organisme de gestion de la filière. Cet organisme regroupe les importateurs de médicaments en Nouvelle-Calédonie, ainsi qu’avec la participation des partenaires incontournables de la filière que j’ai cités. L’opération sera ensuite pérennisée dans le cadre de la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP).

Concrètement, quand et où déposer ses médicaments non-utilisés et/ou périmés ?

À compter du 4 avril et durant toute l’année, les habitants pourront se rendre dans toutes les pharmacies et cliniques vétérinaires de toutes les communes de la province Sud pour y déposer leurs médicaments non-utilisés.

Quel message souhaiteriez-vous transmettre pour sensibiliser sur l’importance de ce geste qui est un petit pas pour les usagers et un grand pas pour la gestion des déchets ?

Il est de la responsabilité de chacune et chacun d’entre nous de contribuer à la préservation de notre environnement, en ancrant dans nos habitudes les gestes éco-citoyens. Prenons conscience que les produits chimiques usagés peuvent constituer un réel danger pour notre santé et celles de nos enfants, mais aussi pour l’environnement et peuvent être un réel facteur de pollution. Ne jetez plus les médicaments dans les poubelles à ordures ménagères ou dans les canalisations, faites l’effort de vous rendre dans les points de collecte (pharmacies et vétérinaires) afin qu’ils puissent être traités de façon sécurisée.