La stratégie de reboisement de la Province se consolide

Dans la continuité de l’organisation de la stratégie de reboisement, Philippe Blaise, le premier vice-président de l’assemblée de la province Sud, accompagné d’une délégation d’élus provinciaux, a signé ce mercredi 9 juin une convention avec l’association Mocamana pour l’aménagement d’une pépinière partagée sur le site provincial de Port-Laguerre. Cette signature s’est poursuivie avec une visite de Sudforêt, véritable outil au service du développement de la sylviculture en province Sud.


« L’idée, c’est de consolider des partenariats avec les associations environnementales portant des projets qui entrent dans la lignée de notre politique pour constituer une véritable communauté initiée par la Charte de l’arbre et des forêts » a expliqué Philippe Blaise. L’aménagement d’une pépinière partagée au sein du site provincial de Port-Laguerre en fait partie. « Quand Mocamana nous a sollicités pour construire cette pépinière partagée sur ce site, nous avons immédiatement accepté. C’est une action forte qui concrétise ce nouvel esprit de partenariat dont l’objectif est de construire une stratégie de reboisement ambitieuse ».

Tripler les surfaces restaurées annuellement

Le choix de Port-Laguerre n’est pas anodin pour Christine Pöllabauer, la directrice de Mocamana : « C’est important pour nous d’être à Port-Laguerre car nous nous trouvons entre l’Institut Agronomique néo-Calédonien, Sudforêt et la direction du Développement Durable des Territoires de la province Sud. Nous allons pouvoir profiter de leurs conseils techniques. Je remercie grandement la Province pour cet accueil. »  

La pépinière partagée baptisée « Amelën », ce qui signifie « refaire vivre » en drehu, a pour vocation de produire des essences de forêts sèches pour restaurer les milieux menacés et dégradés, mais également de sauvegarder des espèces rares et menacées. Et enfin, « C’est pour répondre à une forte demande, que cela soit pour des projets scolaires comme les aires éducatives environnementales, des projets de restauration des milieux naturels menacés ou de micro-forêts urbaines », ajoute Christine Pöllabauer.

Grâce à cette serre, l’association veut tripler ses surfaces restaurées annuellement. La pépinière dispose déjà d’une quinzaine d’essences de forêt sèche et trois essences menacées soit 1 000 plants en tout pour le moment.

Le pinus et le santal pour relancer la sylviculture

La visite s’est poursuivie à Sudforêt sur le site de Port-Laguerre où la délégation provinciale a été accueillie par son directeur Ricardo Pinilla-Rodriguez et toute son équipe. Véritable outil au service de la collectivité provinciale pour relancer la filière bois, la Société d’économie mixte Sudforêt redonne un nouveau souffle au secteur. « Le modèle économique précédent reposait sur des essences nobles, mais dont on ne peut pas exploiter avant 80 à 120 ans. Ce n’est pas soutenable financièrement », souligne Philippe Blaise. La solution est donc de mixer les essences explique Ricardo Pinilla-Rodriguez : « Aujourd’hui, on importe 95 % du bois de construction. L’objectif pour Sudforêt, c’est de travailler sur les essences à croissance rapide qu’on peut valoriser rapidement au bout de 25 à 30 ans. Pour cela, le choix s’est donc porté sur le pinus pour la filière construction, et en parallèle, le santal pour l’industrie de la parfumerie. L’idée, c’est de développer la filière bois pour qu’il y ait une production rapide. Ce qui permettra ensuite de financer l’entretien des essences locales à croissance lente parce que nous ne pouvons pas la délaisser. » Un cercle vertueux qui permettra de « créer de la valeur ajoutée, des emplois de proximité, protéger les sols et de capturer du CO2 », ajoute-t-il. Pour Philippe Blaise, il est capital de consolider Sudforêt : « Aujourd’hui nous souhaitons pérenniser la structure pour qu’elle puisse poursuivre son travail avec les associations environnementales comme Mocamana, WWF ou encore Caledoclean, dans le cadre de plantations aussi bien avec des essences à usage économique ou dans le cadre de restauration de la forêt. »