Les enseignants formés à l’art du goût

« Bien manger pour mieux apprendre », c’est le projet pilote lancé par la province Sud en partenariat avec le cluster de l’alimentation durable Pacifique Food Lab et l’ADECAL Technopole. Durant trois jours, les enseignantes et directrices d’école se sont formées au goût et à l’éducation sensorielle. Un programme original et « savoureux » qui permet d’adapter les connaissances aux besoins éducatifs.


Le bonheur commence dans l’assiette et cela passe nécessairement par l’éducation. Marie-Jo Barbier, la présidente de la commission de l’enseignement de la province Sud, en est convaincue : « Tout est venu lorsque j’avais été conviée à la semaine de la Fête des produits locaux en 2020, par nos partenaires l’ADECAL Technopole et Pacifique Food Lab. Je me suis dit, pourquoi ne pas lancer un projet afin que les enfants mangent mieux pour mieux apprendre. On se rend compte en discutant avec les enseignants qu’il y a des enfants qui arrivent le ventre vide à l’école le matin. J’ai donc réuni des directeurs d’école et des enseignants sur la base du volontariat pour mettre en place ce projet de formation au goût. L’idée, c’est d’apprendre aux enfants à mieux s’alimenter pour mieux apprendre. »

La formation, dispensée par le pôle agroalimentaire de l’ADECAL Technopole, les 1er, 2 et 8 février au Centre Administratif de la Province Sud a permis aux 9 institutrices volontaires et deux directrices d’école, de comprendre les mécanismes sensoriels de la dégustation et la construction du comportement alimentaire de l’enfant, d’acquérir une vision d’ensemble sur les programmes et outils pédagogiques en éducation au goût.

9 enseignantes et deux directrices d’école ont assisté à la formation « Bien manger pour mieux apprendre ».

Semer aujourd’hui les fruits de demain

Quatre écoles se sont portées volontaires pour ce projet : Les Frangipaniers, Adrienne Lomont, Edmond Desbrosse et le groupe scolaire Hélène-Chaniel. Ces établissements se sont engagés à développer la capacité de l’enfant à goûter, verbaliser ses sensations, choisir ses aliments et découvrir le patrimoine culturel alimentaire calédonien. Mais surtout, à créer les conditions pour modifier favorablement les comportements alimentaires.

Gil Brial, le deuxième vice-président de l’assemblée de la province Sud, a encouragé les participantes et valoriser cette initiative provinciale. « Je voudrais vous remercier pour votre engagement dans ce projet. La nourriture, c’est quelque chose d’important et l’éducation au goût peut être enrichissante pour nos enfants. La prévention commence à l’école et ce que nous investissons aujourd’hui, finira par payer plus tard. »

Marie-Jo Barbier, présidente de la commission de l’enseignement et Gil Brial, deuxième vice-président de la province Sud

Impliquer les enfants et leurs parents dans le projet

À l’issue de cette première session, les avis sont enthousiastes : « Cela permet de mieux comprendre des notions que nous avons déjà instinctivement, sans avoir au préalable de connaissances spécifiques », a réagi une institutrice. Une de ses consœurs  a renchéri : « Nous avons eu une formation de qualité. Cela a duré trois jours pendant les vacances, mais c’était tellement intéressant que je n’ai pas vu passer le temps ! »

Si les élèves des classes primaires sont in fine les bénéficiaires de cette éducation au goût, les enseignants souhaitent également toucher les parents à travers plusieurs programmes prévus par le projet « Bien manger pour mieux apprendre ».

Reste à présent à mettre en pratique ce qui a été transmis. « J’ai hâte de voir ce que vous allez mettre en place dans vos écoles ! » a lancé Marie-Jo Barbier.

L’étape suivante, c’est par conséquent la mise place dans les écoles volontaires de « classe du goût » et de « cooking class ». Marie-Jo Barbier souhaite voir chaque école de la province Sud disposer d’un potager.

La prochaine session de formation « Goût et éducation sensorielle » aura lieu du 6 au 8 avril.