La Province prolonge l’aide pour les entreprises impactées par l’arrêt de la desserte internationale

La limitation des vols internationaux maintenue jusqu’au 31 juillet 2021 affecte lourdement le secteur touristique. Votée en assemblée de province, le 17 décembre dernier, la prolongation du plan d’urgence permet aux entreprises du secteur touristique touchées par la limitation de la desserte internationale, de garder la tête hors de l’eau. L’objectif est aussi de se tenir prêt lorsque les frontières rouvriront. 


Depuis la fin du confinement en Nouvelle-Calédonie, le 20 avril dernier, les frontières demeurent fermées et les vols internationaux réguliers au départ et à destination de la Nouvelle-Calédonie limités. Une situation compliquée pour les entreprises du secteur touristique qui font face à une baisse drastique de leurs chiffres d’affaires. Dès lors, la province Sud a mis en place des aides qui s’inscrivent en complément des mesures de soutien du gouvernement et de l’État. Il s’agit du plan d’urgence de soutien aux entreprises de la province Sud durablement affectées par l’arrêt de la desserte internationale.

L’objectif était de permettre à ces entreprises de compenser une partie des pertes d’activité durant cette période de confinement de 4 semaines, avec ce que cela représente comme blocage de leur activité.

Ce plan concerne notamment, les activités d’hébergement, de transport, de la vente et l’organisation de voyage, de l’animation à caractère touristique et de l’événementiel. Il est basé sur l’aide à la trésorerie, d’un montant maximal d’un million cinq cent mille francs. Pour être éligibles, les structures concernées doivent démontrer une perte de chiffre d’affaires mensuelle supérieure à 90 % par rapport à la même période l’année précédente.

Entre le mois de juin et septembre 2020, 187 dossiers de demandes ont reçu un avis favorable pour un montant total de 72 840 000 F. Ce qui correspond à l’attribution moyenne mensuelle de 16 millions de francs répartis sur une quarantaine d’entreprises.

Jean-Gabriel Favreau lors du salon Evasion Sud, en septembre 2020.

« Pallier à la situation »

« Cette aide vient en complément d’autres dispositifs tels que le coaching des gérants et patentés financé par la province Sud », ajoute Jean-Gabriel Favreau, élu à la province Sud et président de Destination province Sud. Ce coaching sert à faire le point de la situation sur l’activité de l’entreprise et de réfléchir à des solutions de diversification et reconversion. »

Le maintien de l’arrêt de la desserte internationale jusqu’au 31 juillet, touche particulièrement les entreprises qui avaient déjà subi de plein fouet le repli de la conjoncture avant la mise en place du confinement en Nouvelle-Calédonie.

La province Sud a donc décidé de prolonger ce dispositif d’aide financière aux entreprises impactées par l’arrêt de la desserte internationale. Seules les pertes de chiffre d’affaires des mois de juin 2020 à juillet 2021 sont prises en compte pour l’attribution de l’aide à la trésorerie.

« La décision a été calée sur les dates de prévision du maintien de la fermeture des frontières, explique Jean-Gabriel Favreau. En effet, certaines entreprises ont pu repenser, réorienter ou diversifier leur activité afin de pallier à cette situation. D’autres en revanche n’ont pas eu cette opportunité, d’où la poursuite de cette mesure d’aides financières. »

Il souligne toutefois, que lorsque les frontières rouvriront, « il faudra également être en capacité de proposer une offre touristique structurée. C’est pourquoi, il est nécessaire de continuer à travailler sur l’amélioration de la qualité de l’offre malgré le contexte. »

David Guénant, directeur général de Brock Voyages reçoit le 8 janvier, la visite de Sonia Backes, présidente de l’assemblée de la province Sud et Sonia Lagarde, la maire de Nouméa.

Le secteur touristique tente de survivre

David Guénant, directeur général de Brock Voyages

« Avec la réouverture des frontières, d’autres problèmes surviendront. »

Sur 25 salariés avant la crise de la COVID-19, il n’en reste que 19. Mais « ce sont des départs volontaires », tient à rassurer David Guénant. L’entreprise a perdu 100 % de son chiffre d’affaires. L’aide la province Sud de 3,7 millions de francs, a permis de « sécuriser le personnel et l’outil de travail. » Actuellement, l’agence fonctionne en équipe restreinte. « Nous faisons surtout du suivi de dossiers, des remboursements et des reports. » Le chef d’entreprise ne peut ni anticiper, ni se projeter au 1er août 2021. « Ouvrir les frontières d’accord mais on voyagerait où et à quelles conditions ? Est-ce qu’il faudra être vacciné ? La région Pacifique restera fermée de toute façon : Australie, Nouvelle-Zélande, Fidji et Vanuatu… » Cependant, le patron préfère se focaliser sur le positif : « Nous avons une vie à peu près normale, même si nous avons d’autres problèmes. Alors que dans les autres pays, cela fait longtemps que les gens ne vivent plus comme avant. Ils sont confinés et doivent respecter le couvre-feu… Ce n’est pas notre cas. »

Olivier Quach, gérant de Powercat Charter

« On attend la réouverture de la desserte internationale, sans aucune garantie de reprise. »

Le gérant propose une prestation de safaris pêche. Connu depuis une vingtaine d’années dans le milieu de la pêche sportive, sa clientèle est composée à 100 % de touristes internationaux. Le gérant est touché de plein fouet par l’arrêt de la desserte.  « Mon planning était full en 2019 et 2020. Du jour au lendemain, je n’avais plus d’activité, explique-t-il. J’ai reçu deux aides de la Province. 500 000 F la première fois, et 700 000 F la deuxième fois. Cela m’a permis de payer l’assurance, le loyer de la marina. » Comme tous les professionnels du secteur, il attend la réouverture de la desserte internationale sans aucune garantie de reprise « normale » de son activité.

Yvanna Guillot, gérante de l’agence Asia Voyages

« Nous assurons le service après-vente, rassurons nos clients et faisons des remboursements… »

Impuissante, Yavanna Guillot annonce : « L’agence a perdu la moitié de son effectif ». Sur 6 personnes que compte la structure, il n’en reste que trois dont deux au chômage COVID-19 et un en congés maladie. L’établissement enregistre une baisse d’activité de 98 %. « Malheureusement, nous n’avons pas d’autres alternatives », se désole-t-elle. Cependant, l’aide du plan d’urgence lui a permis de maintenir la tête hors de l’eau. « Un grand merci à Madame Backes et à toute son équipe. Grâce aux aides de la province Sud, nous avons pu rester dans nos locaux et nous pourrons rouvrir lorsque nous pourrons faire voyager nos clients. » En attendant, l’agence assure le service après-vente, rassure les clients, effectue les remboursements. Cependant, les perspectives restent incertaines. « Nous ne sommes plus maîtres de notre avenir » constate-t-elle.