La province Sud sensibilise ses agents aux risques routiers

Vitesse, alcool, cannabis et volant ne font pas bon ménage, les chiffres l’attestent : 52 personnes tuées sur les routes calédoniennes en 2019 et 44 blessés dont 30 hospitalisés. La province Sud a décidé de prendre le taureau par les cornes en organisant en partenariat avec l’association prévention routière, ce mardi 1er décembre, au Centre administratif, une journée de sensibilisation aux risques routiers, à destination de ses personnels.


Conduire dans le cadre professionnel expose à des risques certains, au premier rang desquels : les accidents de la route. Les agents provinciaux sont amenés à prendre le volant pour se rendre notamment à une réunion sur un autre site, ou bien pour répondre aux divers besoins de leurs missions de terrain. Outre le devoir de satisfaire aux exigences professionnelles (ponctualité et réactivité), ils doivent comme tout usager respecter le Code de la route (respect des limites de vitesses, interdiction de téléphoner au volant, etc.).

Des règles que tout le monde doit connaître et qui méritent une piqûre de rappel. Dans le cadre de la Semaine de sécurité au travail, la journée de sensibilisation des agents organisée mardi au Centre administratif de la province Sud vise à développer une culture partagée de sécurité routière.

Mireille Münkel, la présidente de l’association sécurité routière est convaincue que l’action de sensibilisation doit toucher les personnels des entreprises et des collectivités : « L’un des principaux risques de sécurité au travail concerne la sécurité routière donc c’est très important pour les entreprises de sensibiliser leurs salariés pour qu’ils respectent les règles de sécurité lorsqu’ils prennent le volant. »

Une initiative que la Cellule prévention de la DRH de la province Sud n’a pas hésité à relayer comme le confirme le docteur Anne Grandmougin, médecin du travail. « Nous avons voulu sensibiliser les agents aux risques liés à la consommation d’alcool et de cannabis, mais aussi rappeler les règles de conduite pour les déplacements à vélo car certains viennent régulièrement à vélo au travail, ou empruntent ceux de la province pour leurs déplacements dans Nouméa. »

Alcool et cannabis, les deux fléaux de la sécurité routière

Plusieurs ateliers étaient proposés avec des expériences différentes. Des tests qui simulent la prise d’alcool et de cannabis.

« Il y a deux aspects que nous voulons mettre en avant, précise Mireille Münkel. Tout d’abord susciter la prise de conscience sur les effets de l’alcool, afin que les personnes comprennent que lorsqu’elles boivent, même en dessous de la tolérance pour conduire, il y a des effets négatifs qui peuvent induire de gros risques. Ensuite, l’objectif est de faire prendre conscience que chacun a sa limite de consommation d’alcool pour pouvoir prendre le volant. »

Audrey Blanchet, chargée de recrutement à la DRH témoigne : « Ce qui m’a le plus surpris c’est la vision modifiée sous l’emprise du cannabis ! » Elle ajoute également : « Je trouve que le formulaire permettant de calculer son alcoolémie est un excellent indicateur pour connaître sa limite personnelle de consommation. »

Les effets de l’alcool sont dévastateurs pour la conduite : « Altération de la perception du relief et des distances, réduction du champ visuel, éblouissement le soir, souligne Mireille Münkel. Ce qui fait qu’on risque de ne pas voir un enfant qui va traverser la rue. À cela, s’ajoute un rallongement des réflexes qui a une incidence sur la distance de freinage. Enfin, on a une surestimation de ses capacités. Il ne faut pas croire qu’on peut contrer ces effets ou les compenser parce qu’on ne le peut pas. »

Le mélange alcool et cannabis peut être fatal au volant ajoute-t-elle : « Ce que nous n’avons pas mis en valeur ce sont les effets décuplés du cannabis et de l’alcool. Les deux associés constituent un mélange détonnant. »

82,4 % des facteurs d’accidents liés à la présence d’alcool et/ou de stupéfiants

« Dans la majorité des accidents mortels en Nouvelle-Calédonie, on retrouve 4 facteurs : alcool et/ou cannabis, vitesse excessive ou inadaptée, non-port de la ceinture de sécurité et défaut de permis de conduire », précise la présidente de l’association prévention routière.  

Un autre atelier a également permis aux agents de la province Sud de tester la simulation d’un choc avec une ceinture de sécurité. « Nous avons mis en place le test de l’autochoc. Celui-ci permet vraiment de comprendre que même avec une très faible vitesse, il y a un risque lorsqu’on ne porte pas sa ceinture de sécurité à l’avant comme à l’arrière, même pour des trajets très courts. »

Boris Race, gestionnaire de formation en a fait l’expérience : « Avec le simulateur d’impact, on se rend compte qu’à 8 km/h, les effets sont tangibles sur le corps humain ! »

Rappelons qu’en Nouvelle-Calédonie, le port de la ceinture de sécurité à l’avant est obligatoire depuis 2001 et à l’arrière depuis 2005.

Le temps imparti n’a pas permis à l’association de traiter tous les sujets, sa présidente souligne : « Dans le cadre du travail, l’utilisation du téléphone portable au volant est aussi un facteur de risque et nous voulons alerter les personnels sur cette mauvaise habitude. »

Une journée de sensibilisation à la sécurité routière qui a visiblement touché sa cible. « C’est très pédagogique, les simulations ont l’avantage de projeter dans une situation concrète et physique, » affirme Boris Race. « Pour 10 minutes de notre temps c’est une très bonne piqûre de rappel et de (re)sensibilisation. »