La prévention du suicide au cœur du débat à Vao

Une délégation d’élues composée d’Aniseta Tufele, présidente de la commission de la santé et de l’action sociale, Laura Vendegou, présidente de la commission de la condition féminine, et Christiane Saridjan-Verger, élue provinciale, s’est rendue jeudi 22 octobre, à l’Unité Provinciale d’Action Sanitaire et Sociale de Vao à l’Île des Pins, pour  la Journée prévention du suicide organisée par la province Sud.


En présence des représentants de la grande chefferie, de la mairie, de la MIJ, des associations des femmes de l’Île des Pins et des femmes du marché, des professionnels de santé libéraux, ainsi que de la gendarmerie, les élues ont fait un geste coutumier pour remercier le travail réalisé par l’ensemble des acteurs et organisateurs de cette journée.

À cette occasion, Aniseta Tufele, a rappelé l’importance de soutenir les actions pour prévenir le suicide, sujet encore tabou. « La grande terre tout comme les îles ne sont pas épargnées par le suicide des jeunes. Nous tenons à participer à cette journée consacrée à la prévention, à l’Île des pins, où le taux de suicide contraste avec la beauté de l’île », a-t-elle lancé.

L’objectif de cette journée était de « faire ressortir les non-dits qui persistent autour du suicide » et de « permettre aux habitants de l’île, souvent seuls et isolés, de faire face à ce fléau grâce aux personnes-ressources » a ajouté Laura Vendegou.

« Ce fléau », reprend Christiane Saridjan-Verger, « nous pouvons le combattre, au sein des écoles, des collèges et des lycées, pour anticiper le comportement extrême des jeunes. Ce combat ne peut se faire sans le soutien essentiel des professionnels, mais aussi des familles et de la tribu, car c’est au sein même de la cellule familiale que le mal-être des enfants peut être décelé. ».

Les interventions de la psychothérapeute, Fanélie Boucharlat, du Père Rock Apikaoua et du sociologue Larry Martin-Kauma ont eu un impact considérable auprès des habitants de l’île qui n’est pas « hermétique aux fléaux du monde » a souligné Larry Martin-Kauma.

Pour protéger les jeunes du suicide, Père Rock Apikaoua a évoqué « les trésors de courage et de force » que représentent les parents, qu’il considère comme les garants du bien-être des enfants. « Les signes du suicide chez un jeune commencent très tôt, très loin dans son histoire. Et les auteurs de son histoire sont ses parents. Un enfant commence son parcours dans la vie, dans le regard de son père et de sa mère, dans leur pensée et dans leurs cœur », a-t-il insisté.

Sous le regard bienveillant et avisé des intervenants, les familles ont échangé et partagé leurs expériences de vie face à ce tabou dans l’espoir de diminuer le nombre de suicides encore élevé sur l’île.