Cultiver son jardin 100% local !

Hélène Cazé nourrit une véritable passion pour les plantes, et, spécialement, les espèces endémiques. Afin de transmettre sa passion, enrichie par des années d’expériences et de pratiques, quoi de mieux que de la condenser en un livre ? Pour le plus grand bonheur des enthousiastes du jardin, « Créer son jardin calédonien », soutenu par la province Sud, est une source indispensable de conseils et astuces pour avoir, chez soi, un véritable jardin 100% local.


Hélène Cazé dans son jardin

Hélène Cazé, quel a été le moteur de la rédaction de ce bouquin ?  

Déjà, j’adore les plantes endémiques. Tous les projets dans lesquels je suis investie sont dans le but de les valoriser – J’interviens par ailleurs dans le cadre des Aires Éducatives Environnementales (A2E) de la province Sud, en tant que support technique de différents projets environnementaux. La flore endémique de Nouvelle-Calédonie est vraiment exceptionnelle ! Or j’ai souvent eu l’impression que ces plantes étaient méconnues. J’entendais aussi des discours de personnes pour le moins désillusionnées, qui me disaient, par exemple, que c’était difficile de les entretenir, de les planter, qu’elles n’étaient pas assez adaptées…Pourtant, il n’y a rien de plus adapté qu’une espèce endémique sur son territoire !

J’ai aussi remarqué que les Calédoniens étaient très attachés à leur jardin et à leur terre, et qu’il n’y avait pas de livre sur les plantes locales à cultiver chez soi, avec des conseils de jardinage pour ces espèces.

Le but était donc à la fois de les faire connaître, mais aussi les mettre en avant car je considère que ces plantes doivent avoir une place plus importante dans nos jardins, à l’heure où bon nombre d’entre elles disparaissent…

un Captaincookia (Ixora margaretiae) en fleurs, au Golf de Tina

Que retrouve-t-on dans votre livre ?

J’ai sélectionné une centaine d’espèces endémiques, faciles à cultiver et qui ne demandent que très peu d’entretien. Il y a toute sorte de plantes, provenant des différents types d’environnements que l’on peut retrouver en Nouvelle-Calédonie : des espèces du maquis minier, de forêt humide, forêt sèche, etc. Cette liste n’est pas exhaustive, la connaissance que l’on a des plantes évolue, car en fonction d’où elles sont plantées, elles peuvent toujours nous apprendre des choses. Il y a beaucoup de variabilité dans ces espèces. Il faut tester, expérimenter, être curieux, mais surtout, c’est le bon sens qui doit prévaloir avant tout ! Il y a évidemment des cadres à respecter, par exemple, si l’on plante une espèce issue de forêt humide à Nouméa, il faudra lui apporter beaucoup d’eau. Je donne aussi des conseils de jardinage, des ordres de grandeur ou des volumes de sol, par exemple, pour que la plante puisse se développer dans les meilleures conditions. Si l’environnement est favorable, les plantes vont s’épanouir au mieux. Il faut que les personnes prennent en compte les besoins des plantes, les respecter en tant qu’êtres vivants à part entière.

Y-a-t-il un message véhiculé à travers votre livre ?

Il y a plusieurs messages. Pour commencer, il est indispensable d’apprendre à connaître et se réapproprier le patrimoine naturel de la Nouvelle-Calédonie, en adoptant, entre autres, certaines espèces dans son jardin. Ce bouquin montre à quel point, parmi une centaine d’espèces sélectionnées, l’on peut être créatif avec ces plantes. Tout est à faire, à expérimenter, c’est la magie des plantes, on a un monde à explorer ! Mais il n’y a pas que la plante, il y a aussi toute une biodiversité qui est en symbiose. Il faut aussi parvenir à mettre en place des pratiques de jardinage qui soient respectueuses de la biodiversité, car en réalité, tout se régule plus ou moins naturellement, les choses s’adaptent, sans nécessairement qu’on ait à avoir recours à des traitements chimiques. Il faut éviter d’être tributaire des traitements car cela fait plus de mal à la nature qu’autre chose. Il ne faut pas être esclave de son jardin, cela doit rester un plaisir avant tout ! Enfin, cultiver les plantes endémiques du territoire chez soi contribue à les sauvegarder, car nombre d’entre elles sont en danger critique d’extinction.

Pour se procurer le livre, vous pouvez contacter directement Hélène Cazé par mail : creer.son.jardin.caledonien@gmail.com