Bernheim, la bibliothèque adaptée aux réalités locales.

La bibliothèque Bernheim, soutenue par la province Sud, est l’un des plus vieux établissements de la Nouvelle-Calédonie, ce qui en fait une véritable institution. Ouverte au public à partir de 1906, son créateur, Lucien Bernheim, un ancien mineur ayant fait fortune dans les mines, en a fait don au territoire en laissant une seule consigne avant son départ : faire de cette bibliothèque qu’elle rayonne sur l’ensemble du territoire. Chose promise, chose due.


L’action de « décentralisation » de la bibliothèque Bernheim est représentative d’une véritable convergence des différentes structures institutionnelles en termes d’action culturelle. En effet, la décentralisation est co-financée et soutenue par l’État, la Nouvelle-Calédonie, les communes, ainsi que les provinces Sud, Nord et des Îles. En province Sud, près d’une vingtaine de bibliothèques sont ainsi raccordées au « réseau », dont le centre fédérateur est celle de Bernheim. Elles sont situées à Farino, La Foa, Bourail, Thio, Yaté, Saint-Louis, l’Île des Pins, ou à Moindou. La Bibliothèque Bernheim intervient en soutien à ces différentes structures. D’une part, par le biais de prêt de livres, documents, presse, ou magazines. D’autre part, en fournissant un logiciel commun à toutes les bibliothèques, un véritable outil collaboratif qui permet à ces dernières de gérer les différents établissements et de mettre en place une véritable cohésion entre eux.

« Passeurs d’histoires »

Le ministère de la Culture a initié un programme, les Contrats-Territoire-Lecture (CTL), permettant aux bibliothèques, notamment, de développer des projets autour de la lecture. En Nouvelle-Calédonie, Bernheim a créé en 2017 un programme bien spécifique au territoire, celui des « passeurs d’histoires ». Il s’agit, pour les agents, de collecter des histoires auprès de la population, s’inscrivant dans la tradition de l’oralité. L’originalité de ce projet local, reconnu par le ministère parisien comme inspirant, tient au fait que les personnes sont détentrices de culture, ce ne sont pas seulement les bibliothèques qui fournissent le savoir. Il s’agit ainsi de générer de l’action culturelle, avec des histoires qui seront ensuite retranscrites sous forme de spectacles, contes, livre, mais qui ont un véritable sens pour la Nouvelle-Calédonie.