La province Sud soutient l’artisanat local

La province Sud finance, via la Chambre des métiers et de l’artisanat, des formations professionnelles pour les artisans. Estelle Delamare, animatrice à la Chambre des Métiers de l’Artisanat, nous en dit un peu plus.


La province Sud soutient la Chambre des Métiers et de l’Artisanat dans la formation des artisans d’art, en quoi cela consiste ?

« Le principe de ce soutien, c’est de répondre à un vrai besoin de professionnel des artisans d’art en leur apportant des outils qui leur soient utiles dans le quotidien de leur activité. Nos créateurs sont très bons, en termes d’inventivité, de savoir-faire technique, par contre, une fois que l’on sort de l’atelier c’est un peu plus compliqué. Comment vendre sa production ? A quel prix ? Comment mettre en avant ses produits sur un marché ? Comment développer d’autres gammes de produits ? Le principe était donc de répondre à un besoin identifié, suite à diagnostic d’artisanat d’art qui a été fait sur deux ans, lui aussi soutenu financièrement par la province Sud.

Certains consommateurs estiment que les prix pratiqués par les artisans d’art locaux sont plus chers que les produits importés. Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que cela se justifie ?

Cela peut être vrai dans certains cas. C’est-à-dire que sur beaucoup de produits locaux, et pas spécifiquement sur l’artisanat d’art, il peut y avoir une différence de prix avec un produit importé. Cela s’explique facilement. Je vais prendre un exemple. Pour un sac à main en tissu, le consommateur peut avoir l’idée de dire, tiens, je vais prendre uniquement le prix de revient de la matière première, 500 francs, pourquoi il coûte au final 6 000 francs ? Et bien tout simplement parce que dans ces 6 000 francs, il faut inclure le coût de la créativité, le temps de travail passé, à l’image du carrossier qui vous facture la main-d’œuvre au taux horaire indiqué. Il faut aussi inclure toutes les charges fixes de l’artisan d’art professionnel qui peuvent être plus élevées qu’à Bali ou ailleurs en Indonésie. Un artisan paye son Ruamm, sa patente, son loyer, le prix des stands et doit pouvoir se rémunérer pour en vivre. Donc effectivement, il peut y avoir une différence de prix, même si ce n’est pas toujours le cas.

En 2020, l’artisanat local est fortement impacté. Pourquoi ?

L’artisanat d’art se vend souvent sur des lieux occasionnels, des marchés, des salons, qui ne recommencent qu’au deuxième trimestre de l’année. Autrement dit, de janvier à mars, il n’y a pas grand-chose en temps normal. Mais cette année, la crise sanitaire liée au Covid 19 a tout bouleversé et les artisans ont traversé une période où ils n’ont pas pu exposer et vendre. Beaucoup ont dû s’adaptés en revoyant leurs offres afin de garder le contact avec leurs clients. Mais plus que jamais, il faut soutenir l’artisanat d’art local. Comment ? C’est très simple, en achetant les produits, en faisant plus que jamais des choix de consommation éclairés.

 

ARDICI, la marque ombrelle calédonienne

La Chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Calédonie s’engage aux côtés des artisans et de leurs clients avec la création de la marque collective ARDICI depuis 2018. ARCIDI est la marque des créations artisanales et locales qui s’adresse aux entreprises inscrites au répertoire des métiers de la CMA-NC impliquées dans une démarche de développement économique. Elle peut être apposée sur deux catégories d’objets : productions des artisans d’art qui subliment la matière (bois, verre, pierre, terre, cuir, textile…) et productions à vocation touristique (sérigraphies, cosmétiques, parfums…). Elle garantit l’origine géographique et le processus de fabrication des produits sur lesquels elle apparaît. Elle est un repère pour les consommateurs, qu’ils soient locaux (particuliers, entreprises, collectivités) ou extérieurs (visiteurs métropolitains, croisiéristes, clientèle touristique internationale, salons, export et e-commerce). Elle renforce la visibilité de produits issus de multiples entreprises utilisant ARDICI aux côtés de leur propre marque ou enseigne, préservant ainsi leur identité.