La mobilisation citoyenne, une priorité pour sauvegarder notre environnement

Le Fonds Mondial pour la Nature (WWF), est l’une des premières organisations de protection de l’environnement dans le monde. En Nouvelle-Calédonie, face à l’urgence écologique, une antenne permanente de cette organisation que soutient la province Sud. Elle s’est constituée en 2001, avec Hubert Geraux comme représentant local. Pour mener à bien sa mission, le WWF compte sur la mobilisation citoyenne.


Il est 15h30 un vendredi soir lorsque l’équipe des « voltigeurs » entame sa petite ascension du parc du Ouen Toro, un parc provincial à délégation de gestion communale, là où se trouve une forêt sèche native qu’il s’agit de restaurer et préserver. Les uns munis d’outils de jardinage, les autres de plantes, les voltigeurs, en référence au terme militaire pour définir des groupes mobiles qui interviennent là où il y a un besoin, ont pour ordre du jour de défricher et replanter des arbres endémiques.

Emmené par Hubert Geraux, le groupe, composé d’une petite dizaine de personnes, semble s’être constitué à l’image de la société civile : des retraités, des jeunes, un biologiste marin, un représentant de l’aviation civile, ou un agent de la Direction des Ressources Humaines de la province Sud. Jusqu’au coucher du soleil, ils s’emploieront sur une parcelle spécifique du parc, à éradiquer faux mimosas ou herbes de guinées, des espèces particulièrement envahissantes, afin de laisser la place à des arbres endémiques qui participeront d’ici quelques années à reconstituer cette forêt native qui accueille des milliers d’usagers. « Nous avons la chance d’avoir une forêt naturelle native au cœur de la ville. Il y a beaucoup de capitales dans le monde qui n’en n’ont pas, en général, des parcs sont artificiels » explique Hubert Geraux.

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Si cela reste une aubaine pour les utilisateurs du parc, du fait de dégradations en tous genres, il ne restait que 2% de cette forêt sèche sur cette zone, il faut lui venir en aide. Depuis onze ans, le WWF participe justement à la restauration du Ouen Toro. Pour Hubert, « Nous ne sommes pas que des ayants droit de cette forêt. En tant que citoyens, nous avons des devoirs envers elle, et ces devoirs s’expriment entre autres par l’action des voltigeurs, qui se mobilisent ». Deux dispositifs sont menés par le WWF de manière permanente : d’un côté, les voltigeurs, qui interviennent sur l’ensemble de l’historique des plantations, de l’autre, un autre dispositif piloté par un référent bénévole, celui du parrainage des parcelles. Aujourd’hui, 35 parcelles sont parrainées, par des collectivités, ou des organismes privés et publics.

La mobilisation citoyenne

Pour Hubert Geraux, la mobilisation citoyenne, notamment à proximité de chez soi, doit être une évidence pour tous : « De l’organisation internationale au citoyen, en passant par les collectivités, il faut associer nos forces. Parler sans agir, cela n’a aucune valeur. L’action écologique est démultipliée par la mobilisation citoyenne, qu’elle passe par la restauration d’une forêt, l’éradication des espèces envahissantes, préserver les tortues, ou lutter contre un incendie. Nous devons avoir une relation gagnant-gagnant avec la nature, c’est nécessaire pour assurer la survie de l’humanité. A la question de savoir s’il est possible de rester optimiste, face à la destruction évidente de la nature, par les feux ou l’industrialisation, Hubert Geraux affirme, « je suis un éternel optimiste car je vois que l’engagement citoyen sur la durée, à proximité de chez soi, ça marche, c’est facile, et le travail accompli est merveilleux ». Une démarche citoyenne que met en avant la province Sud, notamment par le biais de sa nouvelle politique environnementale, qui se veut plus engagée. Une collaboration étroite est par ailleurs mise en place entre l’administration provinciale et les associations environnementales, telles que WWF, à travers des soutiens techniques appuyés et des autorisations délivrées rapidement. WWF peut ainsi disposer d’une pépinière provinciale au Parc Zoologique et Forrestier (PZF), afin que les bénévoles puissent y semer et entreposer des plants de forêt sèche avant de pouvoir les replanter. Une collaboration nécessaire afin de préserver la biodiversité du territoire, aujourd’hui menacée d’extinction.