Réouverture de l’Institut Spécialisé Autisme

Créé en 2014 sous l’égide de la province Sud, l’Institut Spécialisé Autisme accueille 37 enfants et adolescents autistes de toute la Calédonie. Elle a rouvert ses portes la semaine dernière. Pendant le confinement, la fermeture de ses trois établissements a été gérée efficacement grâce à la mobilisation de toute l’équipe, en mode télétravail, mais aussi sur le terrain. 


Une quinzaine de jeunes autistes ont déjà repris le chemin de l’Établissement Thérapeutique, Éducatif et Pédagogique Spécialisé (ETEPS), l’une des trois structures de l’ISA. Les personnels disposent de masques en tissu, des visières de protection et des gants. « Nous n’avons jamais eu de difficulté pour nous procurer ces articles, de même que du gel hydroalcoolique », assure Virginie Dubourg-Pebellier, la directrice. Cependant, il est difficile d’éviter le contact physique. Un protocole mis en place comprend le lavage des mains des enfants le matin et plusieurs fois par jour. « On se dit bonjour en langage des signes ou avec le coude. C’est en revanche plus difficile pour les tout-petits qui ont besoin de faire un câlin. »

Tous n’ont pourtant pas repris. « Pour les familles qui se sont bien adaptées au confinement, nous avons fait en sorte qu’elles puissent bénéficier des heures supplémentaires d’auxiliaires de vie à domicile afin que l’enfant reste encore quelque temps à la maison. Et puis, il y a des parents qui n’ont pas souhaité que leur enfant retourne à l’institut et nous respectons leur choix. »

Un suivi quotidien pendant le confinement

Pour une structure comme l’Institut Spécialisé Autisme, la fermeture imposée par le gouvernement peut soulever des questions. Même si l’Établissement Thérapeutique, Éducatif et Pédagogique Spécialisé est un accueil de jour, le suivi des jeunes peut s’avérer compliqué.

Dès l’annonce de l’arrêté de confinement, l’association Les Lucioles qui gère l’institut présidée par Annie Beuste a fait preuve de réactivité. « Nous avons validé la continuité du travail pour l’ensemble de notre personnel parce qu’il faut qu’il y ait un suivi éducatif de ces jeunes », souligne-t-elle. Le télétravail s’est alors imposé comme une évidence et l’équipe a tout de suite adhéré à ces nouvelles méthodes.

« Nous avons mis en place une batterie d’outils numériques et étions constamment en relation avec les parents et les enfants par Skype, WhatsApp, Messenger ou mail », poursuit Virginie Dubourg-Pebellier. La nouvelle méthode de travail a été validée par le gouvernement et la province Sud qui est en charge de l’accompagnement pédagogique et du contrôle médico-social. Une fois par semaine, la directrice devait envoyer un compte rendu sur chaque enfant, à la DPASS. 

Virginie Dubourg-Pebellier, directrice de l’Institut Spécialisé Autisme

Des autorisations dérogatoires de sortie

Cependant, le télétravail a ses limites et très vite, il a fallu retourner sur le terrain. « Nos jeunes ont besoin de sortir et l’attestation dérogatoire de sortie n’était pas suffisante parce qu’ils doivent sortir dans des lieux connus dont ils ont l’habitude, sinon cela peut générer chez eux de l’angoisse. Nous nous sommes mis en relation avec le haut-commissariat pour demander une attestation spécifique propre à l’ISA. »

Parallèlement, des éducateurs revenaient dans l’établissement pour produire du matériel éducatif et sensoriel qu’ils allaient livrer à domicile et expliquaient aux parents leur utilisation. Le guidage parental pouvait aussi se faire par visioconférence.

L’ISA comprend également deux autres établissements : le Lieu de Séjour Temporaire et le Service de Soins Spécialisés à Domicile, celui-ci intervient sur toute la Calédonie.

La province Sud subventionne notamment l’une des deux enseignantes spécialisées, un poste clé au sein de l’ISA. « Elle travaille sur tout ce qui est cognitif et accompagne les jeunes dans leur évolution sociale et éducative. C’est un poste essentiel pour notre mission qui consiste à rendre les personnes autistes, les plus autonomes possible. »