Un expert se penche sur l’avenir du handicap

Christiane Saridjan-Verger, élue provinciale en charge du Handicap, et Jean-Gabriel Favreau, président de la commission Jeunesse et Sports de la province Sud, ont assisté ce vendredi 14 février à la restitution d’une semaine d’ateliers dirigés par Alexandre Côte, expert international, sur l’avenir de la prise en charge des personnes en situation de handicap.


Alexandre Côte, pionnier de l’association emblématique Handicap International, vous sillonnez le monde depuis plus de 20 ans, et vous avez été invité en Nouvelle-Calédonie par le Collectif Handicaps. Dans quel but ?

Avec le Forum Pacific, nous travaillons avec les organisations de personnes en situation de handicap sur la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). Mieux connaître cette convention pour pouvoir mieux la mettre en œuvre.

Cette convention, signée par 181 pays, est-elle applicable en Nouvelle-Calédonie ?

Dans le rapport que l’Etat français a fait au comité relatif aux droits des personnes handicapées, une annexe concerne l’ensemble des territoires d’outre-mer, dont la Nouvelle-Calédonie. Des questions existent en termes de compétence territoriale et il est fort probable que l’ensemble des dispositions de la convention peuvent s’appliquer ici. Il est important pour les acteurs calédoniens de s’emparer de cette question. Des pays qui ne sont pas forcément reconnus par les Nations Unies, comme Taïwan, qui utilise la convention pour guider leur politique, donc, oui, c’est important.

Aujourd’hui les institutions sont présentes, le Gouvernement, la Province Sud, avec leurs compétences respectives, comment peuvent-elles s’emparer davantage de la question du handicap, et auprès de quelles limites peuvent-elles se heurter ?

C’est très compliqué de répondre à cette question après seulement quatre jours sur le territoire, mais de ce que j’ai pu voir et entendre, je pense qu’ utiliser la convention et ses différentes dispositions pour revisiter les différents dispositifs de chaque institution, peut permettre d’identifier des points à améliorer, peut-être des ressources qui sont mises en œuvrent et qui ne contribuent pas forcément à l’inclusion. Un des défis auquel la Nouvelle-Calédonie va faire face, ce sont les priorisations, de faire peut-être quelques pas en arrière et de se donner l’espace de penser un peu différemment. Nous avons tous la tête dans le guidon, on gère nos services, on gère notre argent et ce n’est pas toujours facile de prendre du recul et de se poser les bonnes questions.