D’Ailleurs On Vient d’Ici, ou comment concilier l’autonomie et la liberté chez l’enfant.

DAOVI est une association subventionnée et aidée par la province Sud. Elle est centrée sur la pédagogie et l’animation à destination des enfants, qui organise des centres de loisirs pour les 6/12 ans ainsi que des centres de vacances et camps itinérants pour les 13/17 ans. Créée il y a à peine deux ans, la structure est depuis peu présente au parc forestier lors des vacances scolaires. Derrière l’association, se trouvent des visées éducatives très précises, centrées sur l’autonomie, le respect d’autrui ainsi que l’environnement.


La mixité culturelle réévaluée comme norme sociale

« L’objectif initial était d’accueillir les enfants, et les mélanger », précise Alice Tomas, co-directrice de DAOVI. « Quand je dis mélanger, je veux dire qu’il peut y avoir toutes les cultures ou classes sociales, et c’est très pratique pour cela en Nouvelle-Calédonie du fait de sa très grande diversité ». Pour Malik, Coralie et Alice, les trois directeurs de l’association, l’intention est presque politisée, car cette dynamique part du constat du manque de cohésion entre les différentes communautés qui structurent le territoire. L’espoir d’harmonie entre les populations réside ainsi chez les enfants, plus disposés à l’ouverture et au respect d’autrui. « Les faire se rencontrer dans l’enfance, afin qu’ils s’habituent les uns aux autres dès le plus jeune âge. Surtout, parvenir à voir ce qu’il y a d’humain en l’autre, au lieu de toujours se percevoir par le biais des différences culturelles. », souligne Alice Tomas.

Une idéologie à visée écologique

Par-delà l’aspect solidaire, le centre de vacances se préoccupe beaucoup de l’écologie, ainsi qu’une considération importante sur la nature, son respect et sa préservation. « Concernant les centres de loisirs, nous avons deux options : un camp de base au collège Champagnat ainsi que le parc forestier. Naturellement, les plus petits préfèrent le parc, et les plus grands s’orientent vers Champagnat, où sont proposées des activités plus sportives, telles que des balades à la rivière ou du sport », résume la directrice. Chaque semaine au parc forestier est encadrée par un thème environnemental. Cette fois-ci, ce sont les plantes médicinales qui étaient mises à l’honneur. « Il y a un réel travail en commun avec la directrice du parc et les animateurs. On se met d’accord sur le thème, afin que nous puissions être cohérents, puis les agents du parc font des activités avec les enfants pour qu’ils puissent reconnaître les différentes plantes, savoir à quoi elles servent, tout en insistant sur la nécessité de les préserver. Aujourd’hui, on va faire un atelier cosmétique à base d’aloe vera pur, par exemple ». D’autres thèmes ont ainsi été abordés, tels que les petites bêtes, les éléments, les cycles, etc., le tout dans la perspective d’un profond hommage à la nature qui nous entoure et nous permet de vivre.

Des vacances créées sur mesure par des enfants libres, autonomes et responsables.

Afin d’éviter toute frustration, qu’elle prenne forme chez les animateurs adultes ou les enfants, DAOVI prend le parti d’une autogestion des activités par les enfants eux-mêmes : « Tous les lundis, les enfants proposent ce qu’ils veulent faire, et nous, on leur explique ce que l’on sait faire. Les petits sont au courant de beaucoup de choses, comme le budget par exemple. Au final, ils répartissent leur semaine comme ils en ont envie. Ils font aussi leurs règles, même si nous sommes là pour leur expliquer quelle est la nécessité de mettre en place des règles », spécifie Alice Tomas. Ce concept est plus poussé au collège Champagnat, que les directeurs vont même jusqu’à appeler des « vacances à la carte ».

Cette perspective pédagogique vise tout d’abord à considérer l’enfant comme un être capable de prendre ses propres décisions et responsable de ses choix. Selon la directrice du centre, « la parole d’un enfant vaut celle d’un adulte. En revanche, l’adulte aura évidemment plus d’expérience, et c’est cette expérience qui va encadrer les enfants, tout en les laissant les plus libres possible ». De fait, la démarche fonctionne, car d’après la responsable, les enfants confient aux animateurs se sentir écoutés. De nombreux enfants viennent à DAOVI, des enfants qui n’ont pas eu une bonne expérience dans d’autres centres de vacances. « Quel intérêt d’aller passer ses vacances dans un endroit où l’on nous force à faire la sieste, ou jouer à des jeux auxquels l’on n’a pas envie de jouer », s’indigne Alice. Ainsi, à un âge éloigné des préoccupations du quotidien, où le jeu et l’amusement sont rois, D’ailleurs On Vient d’Ici entend bien respecter cela. L’écoute de l’enfant à travers ses envies profondes, dans une perspective de tolérance et d’ouverture à l’autre, le tout dans la considération humble du monde qui nous entoure : tels sont les objectifs de cette jeune association prometteuse.

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