Le TIG, une alternative à la prison qui porte ses fruits

Début janvier, cinq jeunes effectuent des travaux de reboisement aux Boucles de Tina, dans le cadre de réparation pénale. Placés par décision de justice, ils doivent effectuer des heures de travaux au bénéfice de la collectivité. La province Sud les accueille au sein de cinq de ses sites : Les Boucles de Tina, le Centre d’Activités Nautiques, le stade PLGC, le Parc Provincial de la Rivière Bleue et le Parc zoologique et forestier.


Sonia Backes, la présidente de la province Sud, l’avait annoncé en août dernier : la collectivité accueillerait plus de jeunes dans le cadre de Travaux d’Intérêt Général et de réparation pénale. « On a pu constater que les jeunes qui faisaient des TIG avaient plus de chance de ne pas réitérer des actes de délinquance, avait-elle souligné. C’est pourquoi, nous allons augmenter notre capacité d’accueil, car c’est une réponse efficace à cette problématique. »

Les mesures de réparations pénales représentent une alternative aux poursuites judiciaires, pour les mineurs primo-délinquants. Outre la dimension réflexion puisque le jeune réfléchit à la portée de son acte, ces mesures l’exhortent, à s’engager dans une activité, au bénéfice de la victime ou dans l’intérêt de la collectivité.

« Ces jeunes ont commis des délits mineurs, cela va de la conduite sans permis, au tag, à la bagarre ou au vol de booster, souligne Loïc Frejabise, éducateur spécialisé, à la Direction de la Protection Judiciaire de l’Enfance et de la Jeunesse (PJEJ). Pour leur éviter d’être poursuivis en justice, le juge leur demande d’effectuer un certain nombre d’heures de réparation pénale, en fonction du délit. »


« Tu as fait une bêtise, tu répares. »

Dans le cadre de ce dispositif, trois mesures existent : la réparation pénale, le travail non-rémunéré et le Travail d’Intérêt Général.

« La province Sud accueille les jeunes dans le cadre des mesures de réparation pénale depuis 2016, précise Christophe Bausch, responsable TIG, à la province Sud. Sous ma responsabilité, ils sont amenés à effectuer divers travaux : l’entretien des espaces verts, des pistes de VTT aux Boucles de Tina, des structures au stade PLGC, le nettoyage de l’îlot Uere pour le Centre d’Activités Nautiques. »

Les groupes qu’encadre Christophe sont composés d’un à huit jeunes. Quand leur nombre est supérieur à quatre, un éducateur les accompagne. « Ça se passe bien généralement. Je m’occupe du cadre technique et pas du tout du suivi pénal qui est la partie de l’éducateur. » 

Ce dispositif fonctionne bien, « Il y a peu d’absence et de défection, souligne Loïc Frejabise. C’est quelque chose qui est ancré dans la mentalité calédonienne : tu as fait une bêtise, tu répares. Et les jeunes acceptent généralement la décision de justice. »

Afin de faciliter le déplacement des jeunes sur le lieu où ils doivent effectuer leur TIG, la province Sud peut fournir des tickets de bus, à ceux qui en ont besoin.


« 80 % des jeunes ne récidivent pas ! »

En 2019, 4 500 heures de Travaux d’Intérêt Général, de travaux non-rémunérés et de réparations pénales ont été effectuées au sein des services provinciaux. Selon la DPJEJ, 80 % des jeunes ayant effectué une réparation pénale ne récidivent pas. Parfois, cela peut même déboucher sur un emploi souligne Christophe Bausch. « Il arrive que des entreprises d’espaces verts, nous appellent pour demander si un jeune qui a effectué un TIG peut être employable. Bien sûr, on essaie de faciliter leur intégration professionnelle. » 

Cette alternative à la prison porte ses fruits semble-t-il. Cette année, la province Sud compte proposer de nouvelles missions de travaux d’intérêt général et de réparation pénale.