« N’avoir que l’écriture à penser… »

En résidence d’écriture au château Hagen, Leslie Gobille prépare son prochain roman de fiction au cœur duquel trois femmes tiendront le haut du pavé d’une intrigue derrière les barreaux. Psychologue en milieu carcéral, militante et engagée, l’écrivaine bénéficie d’un accompagnement de la part de la province Sud.


Leslie Gobille, vous avez été choisie par la province Sud pour participer à une résidence d’écriture au château Hagen. Concrètement, comment cela va se passer et qu’est-ce que vous attendiez ?

« Concrètement, je vais rester au château Hagen au mois de décembre et au mois de février, au quotidien, dans ce lieu plutôt inspirant pour écrire, avec une équipe extrêmement accueillante, pour n’avoir que l’écriture à penser et rien d’autre. C’est un dispositif accordé par la province Sud qui me permet de réaliser un projet que je n’aurai jamais pu réaliser sinon. J’ai besoin de bonnes conditions pour me mettre à écrire, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Moi, si je n’ai pas des heures prévues pour cela, je ne peux rien écrire. Cette résidence est vraiment le contexte idéal, je n’ai qu’à penser à écrire toute la journée, et c’est ce que je fais.

Le but d’une telle résidence, c’est de sortir un travail d’écriture, plus ou moins abouti. De quoi va parler votre futur ouvrage ?

J’ai présenté un projet qui était nourri de mon expérience en tant que psychologue en milieu carcéral. C’est un projet de fiction qui se tisse autour de trois narratrices, trois personnages différents dans l’histoire du roman, une avocate, une psychologue et une éducatrice de jeunes enfants, qui traversent des problématiques très sociétales sur la question de la place des femmes dans la société et dans la société carcérale qui s’avère être un microcosme qui met en exergue beaucoup de choses. La question bien sûr de ces prisons qui sont partout dans le monde le reflet d’inégalités sociales. Le tout dans une fiction, avec une histoire, un début, un dénouement, une fin. Ce n’est pas un essai sociologique, mon objectif est d’écrire un roman.

Écrire un roman en deux ou trois mois, c’est un challenge, non ?

Ce n’est pas possible ! (Rires) Je sais déjà que je ne pourrai pas écrire un roman en deux ou trois mois. Mais j’ai déjà beaucoup de matière brute à transformer. Mon objectif, avec cette résidence, c’est d’avancer suffisamment loin dans le projet pour ensuite ne plus me donner le choix que de le finir.

Pour améliorer votre travail, Gilbert Bladinières, responsable des éditions Madrépores, a été choisi pour vous soutenir. Comment allez-vous travailler ensemble ?

Nous ne nous sommes pas encore rencontrés, mais je compte sur son regard extérieur, objectif, professionnel sur ce que je vais écrire. Et il pourra me faire un retour détaillé, avec un plan de travail, avec des échéances que je devrais tenir. Donc, quelqu’un pourra enfin me dire « non, mais ça, ça n’a ni queue ni tête », ou « ça, il faut le garder », ce genre de choses que l’on peut attendre de la part d’un lecteur aguerri et professionnel. Ce n’est pas ta maman qui te lit et qui te dit que c’est super… C’est une énorme chance d’avoir une personne comme Gilbert Bladinières, une chance que je dois à la direction de la Culture de la province Sud… »