Pour que la coccinelle remplace les pesticides

Pour la première fois en Calédonie, cinq centres d’élevage d’insectes auxiliaires, appelés aussi « biofabriques », se sont retrouvés lors d’un colloque pour signer une convention de partenariat et mettre leur savoir en commun. Et ça se passe en province Sud…


Une première en Calédonie et à l’échelon national. Philippe Blaise, premier vice-président de la province Sud, a signé vendredi après-midi une convention de partenariat avec quatre autres biofabriques francophones. La Réunion, la Polynésie, la Martinique la Bretagne, et donc, la Nouvelle-Calédonie font désormais partie d’un seul et même réseau d’échange de données sur l’élevage d’insectes auxiliaires.

Invités par la province Sud via sa Direction du développement rural, les quatre responsables de ces structures francophones ont collaboré lors d’un colloque qui s’est déroulé sur 5 jours, et dont l’issue a été la signature de cette convention. « Il s’agit d’un colloque qui a une réelle valeur ajoutée, confirme Philippe Blaise venu tout spécialement à la station provinciale de recherche de Port-Laguerre. C’est pour cela que nous voulions marquer de notre présence, avec Lionnel Brinon, élu provincial en charge de l’agriculture, la clôture de cet événement, en signant cette convention. ».

Lors de ce colloque entrecoupé de visites de terrain, les différentes biofabriques ont convergé vers un double objectif : améliorer la qualité des fruits et légumes, et faire diminuer l’utilisation des pesticides.

En Nouvelle-Calédonie, la biofabrique de Saint Louis (2009) et de Port-Laguerre (2017) sont des structures provinciales au service des agriculteurs qui permettent la production en masse d’insectes utiles (auxiliaires) pour lutter contre les nuisibles (ravageurs) et limiter les intrants chimiques.

DES EXEMPLES FRANCOPHONES AUX QUATRE COINS DU MONDE

Pendant cinq jours, les échanges ont été riches et fructueux entre les différents experts entomologistes, certaines situations étant proches (insularité, éloignement), mais avec des niveaux d’avancées différents en fonction des biofabriques. Par exemple, avec ses 35 ans d’existence, la biofabrique bretonne Saveol Nature a été clairement le leader du groupe, avec près de 200 hectares de serres de tomates en lutte biologique, et un affichage commercial clair : « Sans pesticides ». Parmi les biofabriques les plus anciennes, celle de la Coccinelle de La Réunion dispose d’un schéma de production et Recherche-Développement exemplaire. La création de la Biofabrique du Fredon Martinique est plus récente, mais déjà très dynamique en proposant des auxiliaires très intéressants tout en fournissant aussi le marché du particulier et des communes, suite à des interdictions de vente de produits phytosanitaires pour les jardins. Enfin, Les biofabriques de Port-Laguerre/St-Louis et celle de Polynésie sont en phase de montée en puissance, mais sont confrontés à des soucis d’organisation et de moyens.

– En savoir + sur les Biofabriques –