Le nouvel exécutif, le sens des responsabilités

Face à une « situation budgétaire dégradée laissée par l’ancienne majorité », le nouvel exécutif propose des décisions concrètes visant à remettre sur rail les comptes provinciaux. C’est en ce sens que le débat d’orientation budgétaire s’est tenu, ce jeudi matin, lors de l’assemblée de province.

« Faire des économies pour assumer l’héritage d’une situation financière dégradée laissée par la précédente mandature », c’est par ces mots que Sonia Backes, présidente de la province Sud, a résumé la situation devant les élus de l’assemblée ce jeudi matin à l’occasion de la présentation du débat d’orientation budgétaire 2019.

« Nous allons faire le maximum pour compenser la situation dont on hérite, poursuit la présidente. La première chose, c’est évidemment de baisser notre train de vie. Un certain nombre de dispositions vont devoir être prises comme baisser la flotte de voiture de 15 %, ou baisser les frais de communication de 5 %, tout le monde doit faire des efforts. Mais ça ne suffira pas ! »

Une situation largement dégradée

La présidente de la province Sud est ensuite revenue sur la gestion « insincère » de l’ancienne mandature, s’adressant à Philippe Michel, l’ancien président de l’assemblée de la province « Vous aviez annoncé 3 ou 4 % de croissance, ce matin même, l’IEOM en annonçait 0,6 % », et de poursuivre, « ce n’est pas une erreur, c’est de la mauvaise foi. Aujourd’hui, nous payons cette situation. Donc nous allons devoir aller beaucoup plus loin dans les économies pour pouvoir permettre la relance économique. »

Philippe Blaise, le premier vice-président, à son tour, a souligné que « les comptes avaient été embellis » sous la précédente mandature, et que cette « désagréable surprise » se traduit par « un trou d’air de 2,6 milliards qu’il va falloir assumer ». Pour lui, le précédent exécutif « a certainement fait preuve de grande largesse en période électorale. Je le dis sans crainte, aujourd’hui, nous pouvons dépenser moins et dépenser mieux ».

Redresser la trajectoire

Sans toutefois toucher aux directions de la province Sud inhérentes aux services à la personne, qui constituent le cœur de cible de l’action provinciale, le nouvel exécutif est contraint de réduire la masse salariale de 5% ce qui correspond à quelque 80 postes d’agents provinciaux ( Il s’agit de ne pas renouveler des départs : retraite, mutation, fin de CDD). Par ailleurs, l’effort d’investissement, qui permet d’accompagner l’économie Calédonienne, sera maintenu à hauteur de 9 milliards de francs, avec un objectif de le renforcer dès 2020 d’au moins 200 millions par an. Face à une situation aggravée, l’Assemblée de la province Sud présente donc des mesures courageuses d’économie de la dépense publique.

 

Un budget participatif

Dès 2020, la province Sud, dans sa volonté de partage, d’écoute, de sensibilisation, a la volonté d’en appeler à la mobilisation des habitants en instituant un budget participatif. Ce budget permettra de prendre en compte les attentes de la population d’une part en partageant avec les habitants la traduction financière des missions de la collectivité́ ainsi que les mesures financées par la province et ce, grâce à un travail pédagogique de présentation du budget à venir et des résultats obtenus retracés dans le compte administratif.

Le budget participatif que souhaite le nouvel exécutif permettra aussi aux habitants de la province Sud de proposer l’affectation d’une partie du budget d’investissement et plus ponctuellement en fonctionnement, sur la base de projets concrets et répondant aux objectifs voulus par le nouvel exécutif. En clair, le but est de faire bénéficier la Province et ses services de « l’expertise d’usage » des habitants d’un territoire qu’ils pratiquent au quotidien.

 

Prochain rendez-vous le 19 décembre prochain, avec l’assemblée de la province Sud dédiée à la présentation du budget. Ce sera l’occasion d’examiner en détail les arbitrages politiques souhaités par le nouvel exécutif.