« Un super début de saison ! »

La saison d’observation des baleines a démarré sur les chapeaux de roues. Depuis cette année, le whale watching est rentré dans le Code de l’Environnement de la province Sud et de nouvelles mesures l’accompagnent. L’occasion de faire un point avec Ulysse Rouchaud, skipper et co-gérant d’Aïto Charter.


Est-ce que, cette année, les baleines sont au rendez-vous ?

Les baleines sont plus qu’au rendez-vous puisque nous avons fait un super début de saison depuis le 13 juillet. Normalement, les débuts de saison se font plutôt du côté des récifs près de la passe de la Sarcelle, vers l’île des Pins, et cette année, on a été très gâté avec des baleines présentes dès le début aux abords de Nouméa, vers les Phare Amédée, l’îlot Maître, la baie de Sainte-Marie. Cette année, les journées se font vraiment vers l’île Ouen, îlot Ugo, tribu de Ouara, ce qui constitue le plan d’eau le plus accessible pour nous vis-à-vis des alizés.

Il y a eu des changements dans le code de l’Environnement de la province Sud, qu’en pensez-vous ?

Une charte d’observation a été mise en place il y a 10 ans. Mais depuis cette année, l’observation des baleines est rentrée dans le Code de l’Environnement de la province Sud. De nombreux points ont été revus, comme les distances d’observation, et surtout, les observations de « maman et baleineau » sont devenues interdites afin de mieux préserver leurs venues et atténuer l’impact touristique lié à notre profession. Cela a été fait en concertation entre la province Sud et les scientifiques d’Opération Cétacés. En tant que professionnels, de notre côté, cela permet de vraiment de contribuer à la protection de l’environnement et de sensibiliser les clients à cette évolution. Qui plus est, on sait que depuis trois ans, le stock de baleines présentes dans les eaux calédoniennes est en forte hausse, et ça, c’est une vraie bonne nouvelle. Voilà qui justifie aussi la venue de cette nouvelle règle un petit peu plus délicate pour nous.

Concrètement sur le plan d’eau, ça se passe comment ?

Lorsque l’on a à faire à « maman-petit », on ne s’en aperçoit pas de prime abord puisque souvent le petit reste dans l’eau, planqué sous la maman. Du coup, on est obligé de s’en assurer en s’approchant gentiment. Et si c’est le cas, on passe notre chemin et on rend compte auprès des autres opérateurs pour qu’ils se déroutent aussi de cette position-là. On rend aussi compte à la province Sud, et à Opérations Cétacés, si jamais ils sont dans le coin. L’interdiction implique de ne pas entrer en contact avec l’animal, même en étant à 500 mètres, ou en coupant les moteurs et en tirant des bords à la voile à côté. Donc, on s’en éloigne et on le fait savoir aux autres, tout simplement.

Vous travaillez toute l’année en étroite collaboration avec les coutumiers. Comment cela se passe ?

Nous sommes en contact avec plusieurs personnes des tribus de l’île Ouen, de Port Boisé et de l’île des pins. Il n’y a aucun problème ici, d’autant que l’observation des baleines est en rapport avec la culture mélanésienne, vis-à-vis de l’igname, ce qui est très important pour eux. On prend la parole des coutumiers en considération.

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