Former des guides kunié à l’accueil de touristes internationaux

Tirer parti d’un patrimoine exceptionnel, tout en semant les projets écotouristiques ! Tel est l’enjeu de la formation destinée aux acteurs touristiques qui vient de débuter sur l’Ille des Pins, copilotée par la direction de l’Economie, de la Formation et de l’Emploi et la direction de la Culture de la province Sud.


Ils sont douze, hommes et femmes d’âges différents, plus ou moins habitués à la prise de parole en public, mais tous désireux de développer un projet touristique au sein d’une des sept tribus dont ils sont originaires. Ces stagiaires bénéficient dans leur cadre de vie quotidien d’un patrimoine exceptionnel – qu’il soit bâti (issu de la tradition kunié, religieux ou bagnard), immatériel (langue, cuisine, chants et danses…) ou naturel (connaissance de la faune, des plantes et des paysages).

Contact humain et codes à respecter…

Le projet de François Douépéré implique par exemple la découverte de la baie de Saint-Joseph en pirogue. C’est le plaisir du contact humain et le partage de son « île et de ses richesses » avec les touristes qui motivent sa participation. Pour Agnès Apikaoua, l’un des enjeux est de concourir au désenclavement de sa tribu de Gadji, tout au nord de l’île et éloignée des baies où débarquent les paquebots. La première matinée s’égrène au rythme des présentations et des échanges, tout le groupe participant : « l’idée c’est de se rapprocher d’une pratique professionnelle de guidage, tout en gardant de la souplesse dans la façon de s’adresser aux gens » annonce en guise d’introduction le formateur Cyril Pigeau. Marie-Claire Leme, quant à elle, attend de cette « formation-action » qu’elle l’aiguille sur « ce qu’un touriste attend de nous, et aussi sur ce qu’il ne faut pas faire ! »

Humour qui diffère selon les cultures, travail sur la posture et le regard, articulation, rythme et ton dans la voix, déclinaison du parcours de guidage en plusieurs étapes devant des objets différents… Les échanges permettent d’entrer progressivement dans le vif du sujet.

« Au-delà d’une formation scolaire ou universitaire, le premier moteur c’est l’envie de partager son terroir, constate le formateur. Il y a trois choses qui m’importent particulièrement : le scénario de la visite guidée, la documentation sur l’objet patrimonial, et la prise en compte de la spécificité des publics. Un guide ne peut pas faire la même visite à un public d’Australiens qui débarquent du bateau, qu’à des touristes métropolitains, locaux, à des classes d’ici ou d’ailleurs… »

Plusieurs participants souhaitent également améliorer leur pratique de l’anglais ; vœu qu’une formation proposée par la DEFE aux acteurs du tourisme de l’île permettra d’exaucer à partir du mois d’août.

 Quand culture rime avec économie…

L’an dernier, la formation qui pour la première fois ne s’adressait pas à un public de professionnels du patrimoine, s’est tenue dans le contexte plus « broussard » de Déva, à Bourail. La synergie entre les deux directions provinciales (Economie, Formation, Emploi et Culture), inédite, permet de consacrer le rôle de levier économique que représente la culture, à travers le prisme du tourisme. Les différents profils des participants ont été repérés lors des récents ateliers du tourisme menés à l’Ile des Pins.

La formation « Accueil et guidage de groupes » fera une halte le 18 juillet à Nouméa, pour une visite du centre culturel Tjibaou et son centre de documentation, ainsi que des échanges avec les guides professionnels. Elle s’achèvera le 26 juillet, après une série de mises en situations concrètes : les participants testeront leur formule de visite auprès des collègues du groupe, qui joueront les cobayes… plutôt chanceux !