Gestion des déchets : améliorer ici en s’inspirant d’ailleurs

Cette semaine se tenait à Nouméa un colloque de trois jours consacré à la problématique des déchets, recyclables ou non, pour les îles françaises du Pacifique. La province Sud, impliquée dans la réglementation et la modernisation de la politique de gestion des déchets, participait à cette initiative, première du genre.

Innovations permettant le recyclage du plastique, questions tournant autour du tri des déchets selon la matière, export ou valorisation sur place… Mercredi après-midi, les participants au colloque La gestion des déchets dans le Pacifique ont profité d’une sortie pratique sur le terrain. Destination : le Mont-Dore, commune dont les bacs de poubelle aux couvercles jaunes symbolisent les efforts en matière de tri en porte-à-porte.

Au centre de tri de la SAEML Mont-Dore Environnement, un tapis roulant défile devant les huit travailleurs qui séparent le papier et le carton des autres résidus ; ensuite un système d’aimants prélèvera l’aluminium et les emballages métalliques, avant qu’à la fin du circuit ne subsiste plus que le plastique. L’occasion pour une des visiteuses d’évoquer le traitement réservé aux bouchons des bouteilles en plastique à Wallis-et-Futuna… C’est que le colloque, co-organisé par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) Nouvelle-Calédonie et celle de Polynésie Française, convoque des expériences en provenance des trois territoires océaniens.

Comparer les expériences innovantes

Philippe Blaise, 1er vice-président de la province Sud, participait à ce déplacement. « C’est toujours très intéressant de comparer l’expérience des différents territoires a-t-il apprécié. Les îles françaises du Pacifique sont confrontées aux mêmes problématiques environnementales. Il est donc très intéressant qu’on se visite les uns les autres, pour prendre les bonnes idées là où elles ont fait leurs preuves. »

Plus tôt dans l’après-midi, le groupe avait fait halte à l’usine-pilote de la société Ecopavement, parmi les pionnières de l’économie circulaire calédonienne, qui retraite des déchets de plastique, de scorie et de verre pour en faire de solides dalles de revêtement. Cela fait un mois que l’entreprise produit sur le marché, après deux ans de maturation du projet pour les deux fondateurs, au sein du pôle innovation de l’Adecal Technopole. Puis, passage par la déchetterie du Mont-Dore et l’un des six quais d’apport volontaire (QAV) du Grand Nouméa. Celui-ci récolte en moyenne 2000 tonnes de déchets solides (électroménager, carton, meubles usagés…) par an, auxquels il faut ajouter environ 3000 tonnes de déchets verts.

« L’intérêt de toutes les collectivités est d’éviter que les déchets recyclables terminent à l’enfouissement, parce que ça coûte très cher et que ça n’est pas écologique, a souligné Philippe Blaise après la visite du centre de tri. On vit dans une île que beaucoup de gens nous envient. L’augmentation de la population implique l’augmentation du nombre de déchets solides, et je ne crois pas qu’on a envie que le plastique finisse dans le lagon. »