Courts contre la montre : sept minutes pour réaliser son rêve

Favoriser l’émulation entre réalisateurs locaux, en soutenant les projets de courts-métrages se distinguant par leur originalité : c’est le but du concours de pitchs Courts contre la Montre ! soutenu par la province Sud dans le cadre du festival de La Foa. Retour sur l’édition 2019 de ce dispositif d’aide à l’écriture et au développement.

Agitation peu commune pour un samedi, en ce 29 juin dans la cour de récréation de l’école Yvonne Lacourt à La Foa… Dès sept heures les étals colorés du marché municipal y présentaient leurs produits, avant que ne débutent un peu plus tard les ateliers soutenus par la Province à destination du jeune public. L’association Jeunes et Toile proposait aux cinéastes en herbe dès l’âge de 6 ans, venus plus nombreux que l’an dernier, la possibilité de réaliser des scènes de trucage à la façon de Méliès, le pionnier du genre aux débuts du cinéma ; ainsi que des ateliers de Stop Motion (image par image) donnant vie à de petits personnages en papier découpé.

Sept minutes face au jury

En début d’après-midi, place aux aînés pour la 5ème édition de Courts contre la montre ! Six hommes, deux femmes, des novices comme des « vieux routards du pitch », des lycéens en option audiovisuelle au lycée Lapérouse ou des passionnés qui reviennent à leurs premières amours après quelques années loin des caméras… tous doivent se plier à l’exercice : sept minutes devant un jury de professionnels, pour esquisser leur idée de court-métrage et espérer être soutenus. C’est l’instant où l’imaginaire de l’artiste rencontre les aspects plus pragmatiques de la production… « Avez-vous une idée du budget ? » « Pourquoi un tel choix de titre ? » « Est-ce que vous comptez faire appel à des techniciens professionnels ? » Les questions du jury sont là pour estimer la faisabilité et le degré d’avancement du projet.

« Je pense que le court-métrage doit aider à faire émerger les jeunes talents » postule Thomas Decros, premier à passer pour son projet Un jour j’ai vu la mort qui aborde la question des violences faites aux femmes. L’importance du casting, de trouver les « gueules » et les attitudes qui conviennent pour planter l’ambiance de l’histoire, sera également évoquée par Christophe Martin, dont la fable western Mauvaise pioche tournerait « autour de la cupidité des Hommes ».

Animation

Céline Collin, elle, aimerait raconter son conte initiatique Doghi en animation, et en l’occurrence le « dessin animé 3D avec des effets d’animation 2D ». Diplômée en juillet 2018 à l’école MOPA (école du film d’animation et de l’image de synthèse, basée en Arles), la jeune femme descendue de Koné a considéré le dispositif Courts contre la montre comme l’occasion d’adapter un projet d’école au contexte de l’intérieur de la Grande Terre. Pour elle, c’est aussi une vitrine pour parler de son travail dans l’optique d’éventuelles collaborations futures.

Les cinq autres projets présentés, qu’ils abordent les temps anciens des peuplements océaniens (Lapita, André Ravel) ou au contraire les conséquences futures d’un environnement naturel dégradé (Le carnet, Charlotte Berger), ou encore brossent des histoires plus intimes (Lou Berou, présenté par Jimmy Janet, Effraction par Erwann Bournet ou Mori par Ylan Vander Wielen) balaient donc un large spectre d’époques et de contextes, et envisagent des longueurs de 7 à 30 minutes.

Pour ce coup de pouce permettant le délicat passage du rêve à la réalité, une enveloppe maximale de 1 200 000 FCFP sera répartie en un maximum de quatre prix. Les résultats seront annoncés samedi 6 juillet, lors de la cérémonie de clôture du festival.