Des guitares en bois locaux

Parce que la province Sud a cru en son projet il y a deux ans, Paul Dubois a réussi à donner vie à un atelier de lutherie unique en Nouvelle-Calédonie, au cœur duquel il fabrique sans fausses notes d’inédites guitares en bois locaux.


Caché au milieu des arbres, sur les hauteurs de Robinson, Paul Dubois assemble habilement en toute discrétion depuis deux ans des guitares en bois locaux. Houp, bois noir, kaori, tamanu, pins colonnaires, acacias, faux tamanu, ce passionné d’essences entretient la flamme de ses créations au gré d’intenses rencontres. « Je récupère des bûches de bois à droite à gauche, dans des magasins spécialisés ou avec des amis, raconte simplement Paul, guitare en kaori à la main. Par exemple, ce morceau de kaori vient de l’Île des Pins. Une fois que j’ai assez de matières premières, je les assemble en fonction de leurs caractéristiques. » Un son différent pour chaque essence ? « On peut dire ça, mais j’en suis vraiment au balbutiement, c’est difficile d’avoir assez de recul pour l’affirmer. »

Au début de l’aventure, Paul Dubois fabrique quelques modèles pour lui. « Puis j’ai voulu en faire profiter les copains, et les copains des copains… » A ce moment-là, en 2017, l’entrepreneur a besoin d’un coup de pouce pour installer convenablement son atelier de luthier. « Je me souviens avoir vu passer votre dossier à cette époque, raconte Martine Lagneau, première vice-présidente de la province Sud en visite à Robinson. La raison pour laquelle nous n’avons pas hésité à vous aider, c’est que vous êtes, a priori, le seul luthier du territoire à fabriquer des guitares en bois d’ici, et ça, c’est magnifique ! » De là à dire que la province Sud est un dénicheur de talent… oui, mais pas complétement. Car la réputation de Paul Dubois, professeur de guitare au conservatoire de Nouvelle-Calédonie, n’était déjà plus à faire il y a deux ans. Et, victime de son succès, il voit son carnet de commande déborder. « Je remercie la province Sud d’avoir été là quand j’en avais vraiment besoin, explique ce passionné de belles notes, autodidacte. Aujourd’hui, je dois refuser des clients car je n’ai pas le temps de tout faire… mais au moins, ce que je fais, j’essaie de le faire bien.»