Maison de l’Amirauté : un nouveau haut lieu culturel à Nouméa

Dans la continuité de sa démarche volontariste de préservation et de mise en valeur du patrimoine calédonien, la province Sud a remporté hier lundi 29 avril les enchères portant sur la villa dite de l’Amirauté.

Wright, Lafleur, le général Patch… Ses murs ont accueilli au fil des décennies quelques-uns des noms emblématiques de l’histoire récente nouméenne et calédonienne : la « maison de l’Amirauté » a été acquise par la province Sud au cours d’une vente aux enchères, hier lundi 29 avril. Pour la collectivité, qui s’est portée acquéreur pour un montant de 166 millions de francs, c’est une formidable opportunité patrimoniale. Ce témoin du passé sera en effet préservé et ouvert au grand public pour accueillir expositions et résidences artistiques.

Sur une superficie d’un peu plus de 22 ares, l’ensemble immobilier situé pointe de l’Artillerie comprend la villa coloniale proprement dite, construite en 1929 par l’homme d’affaires Thomas Wright, ainsi que des dépendances et un garage en maçonnerie. Le domaine est racheté successivement à la fin des années 30 par Henri Lafleur qui lui donne une touche « art déco », puis vingt ans plus tard par l’Etat, qui y loge le commandant de la Marine Nationale en Nouvelle-Calédonie. En 2014, la Province le classe aux monuments historiques. Courant 2016, après un premier passage par les enchères, la maison dite de l’Amirauté devient la propriété de Guy Sanchez, qui l’aménage en luxueux bar-restaurant.

Après deux ans de destin contrarié pour l’entreprise, la villa et ses dépendances ont été remises aux enchères, et c’est donc la Province qui les a remportées. L’objectif ? Rouvrir l’établissement afin de proposer notamment au grand public la collection William Costes (estimée à hauteur de 112 millions, et alors que le collectionneur a également fait don à la collectivité de 70 millions en biens immobiliers et numéraire). Si elle était d’abord destinée à être présentée au Château Hagen, autre vitrine provinciale à concilier patrimoine et art contemporain, la collection bénéficiera dès 2020 de cette alternative inattendue pour être pleinement mise en valeur.