Ecole 42 : bientôt une antenne calédonienne ?

C’est l’heure du bilan, après une semaine de découvertes réciproques entre l’Ecole 42 et son public calédonien ! Au-delà du succès manifeste de cette première rencontre, les perspectives à plus long terme portent sur l’éventuelle implantation d’une antenne de 42 sur le Caillou.


Au départ, seule la journée de samedi devait être réservée aux tests d’admission pour l’Ecole 42. Mais devant l’afflux de candidatures, il a fallu organiser des séances supplémentaires : entre vendredi et lundi, ce sont près de quatre cents candidats qui se sont présentés aux six sessions de tests (pour plus de six cents inscriptions en ligne, soit un « taux de présentation » sensiblement supérieur à celui de Métropole) ! Représentatifs de la diversité calédonienne, demandeurs d’emploi comme étudiants dans les domaines les plus variés se sont prêtés aux fameux « tests de codage », qui permettent d’évaluer sa compatibilité avec la formation gratuite et non académique proposée aux développeurs de demain.

Pour Joe, 23 ans, parvenu « au level 9 », c’était l’opportunité de s’essayer à une discipline qui ne lui était pas totalement étrangère. « J’ai commencé deux fois une licence en informatique, ici à l’UNC et à Nantes ; et les deux fois je ne me suis pas véritablement épanoui dans la formation. J’avais notamment du mal avec les prérequis en maths… Depuis, j’ai repris des études en histoire-géo, mais j’ai tout de même voulu passer les tests pour situer mon niveau. J’ai toujours en tête un métier, data analyst par exemple. »

Une jeunesse hyper-connectée

Marie-Françoise Hmeun, présidente de la Commission de l’emploi et de la formation professionnelle et directrice de la MIJ (Mission Insertion Jeunesse), est à l’initiative de ce partenariat inédit. Elle a été heureuse de vérifier qu’ « on a une jeunesse hyper-connectée, qu’elle soit scolarisée ou non. L’engouement pour le numérique se vérifie auprès des jeunes inscrits en provenance de tribus ou de villages de brousse aussi bien que de Nouméa : on constate que l’impact de 42 est très fort. » Un mot d’ordre principal : susciter des vocations et promouvoir la filière informatique auprès des publics en réinsertion !

A ces candidats aux épreuves d’admission, se sont également ajoutés 130 professionnels du numérique calédonien, présents jeudi à la conférence portant sur les enjeux du secteur ; ainsi que 120 collégiens et lycéens qui le lendemain ont découvert l’univers de la programmation version 42, grâce à des ateliers et conférences. « La première étape de ce galop d’essai laisse à penser qu’il y a un intérêt fort de la jeunesse calédonienne pour les métiers du numérique, qui jusqu’à présent ne se traduisait pas par une inscription dans des formations traditionnelles » relève Denis Loche, directeur du système d’information (DSI) de la Province, par ailleurs président de l’association ACTIC (Association Calédonienne pour les Technologies de l’Information).

Eventuelle implantation de 42 en Nouvelle-Calédonie

Pour les heureux élus à la phase de sélection suivante, dite de la piscine, direction Paris ! Une prise en charge des billets d’avion au titre du passeport mobilité, et un accompagnement de la province Sud en partenariat avec la Maison de la Nouvelle-Calédonie faciliteront « le grand saut ». De plus, confortée par le succès de l’initiative, l’institution envisage la duplication, à l’échelle du Caillou, d’un « clone pédagogique » de 42 selon le mot d’Olivier Crouzet, son directeur pédagogique monde. De quoi bénéficier de l’expertise technique et éducative de « l’école-mère » à Paris. L’étude de faisabilité de l’implantation d’une telle antenne est au programme des six prochains mois.