Du plastique (enfin) recyclé ici !

Pour la première fois en Nouvelle-Calédonie, une entreprise locale, détectée et soutenue par la province Sud, est en mesure de transformer du plastique, de la scorie et du verre, en revêtement de sol hautement résistant. Reportage, à la Coulée, au cœur de l’usine pilote qui a démarré il y a une semaine…

Si la lutte contre le plastique, pleinement engagée par la province Sud depuis 2016, devait se résumer à un roman d’aventure, alors un nouveau chapitre fondamental vient d’être écrit cette semaine, dans un dock de la Coulée, au cœur des contrées du Mont-Dore. A la plume, deux nouveaux « héros », révélés et épaulés par la province Sud, qui pourraient bien être les nouveaux « Seigneurs du plastique ». Paul Ligeard, ingénieur des Arts et Métiers, et Clément Merzeau, issu du monde du BTP, ont trouvé un débouché possible pour certains déchets de plastique, de scorie, et de verre, pour la première fois en Nouvelle-Calédonie. Autrement dit, la société Ecopavement est une filière complète de recyclage local.

Leur idée ? Collecter les déchets et les transformer en revêtement de sols hautement résistants, eux-mêmes recyclables. « Nous avons lancé cette semaine une première phase de test, explique Paul Ligeard à la vice-présidente de la province Sud, Martine Lagneau, et à Nina Julié, élue provinciale. Les premiers résultats, à partir de déchets de films d’emballage plastiques, dépassent nos espérances. Nous serons bientôt en mesure de fabriquer 1 200 dalles par semaine, soit l’équivalent de 250 m2 de revêtement en produits recyclés. »

Un nouveau débouché pour ces produits jusque-là enfouis ou exportés, qui n’aurait pu voir le jour sans le soutien de la province Sud, fer de lance de la lutte pour la réduction des déchets plastiques, et confortée par la loi de pays votée par le Congrès en décembre dernier. Les deux chercheurs de la société Ecopavement ont d’abord été recrutés en 2017 au sein du pôle innovation de l’Adecal Technopole et ont pu ainsi réfléchir à leur projet. Par la suite, la direction de l’Environnement (DENV), avec l’Ademe, a financé les études de faisabilité ainsi qu’une partie de l’implantation de l’usine pilote de La Coulée.

« Le problème, c’est le captage »

Et si, aujourd’hui, tous les plastiques ne peuvent pas être recyclés par ce procédé, notamment les PET ou les plastiques souillés, il n’empêche que la création de cette nouvelle filière, locale et écologique, pourrait bien révolutionner les us et coutumes locaux… à une condition. « Actuellement, ici, le problème, c’est le captage des déchets, précise Paul Ligeard. Il est quasiment inexistant, je dirai de l’ordre de 1 % de la masse des déchets plastiques. En Métropole, ce chiffre monte à 20 % et les meilleurs dans le monde, les pays nordiques, arrivent entre 40 et 50 % de taux de recyclage. Si la Calédonie arrivait à se placer juste en dessous des meilleurs, de l’ordre de 30 % de recyclage, on pourrait faire tourner une unité de pleine dimension. Le procédé Ecopavement permettrait de traiter tous les déchets plastiques captés ».

Achat, consommation, stockage… Il existe des alternatives à l’utilisation du tout plastique. Changeons nos habitudes, pour moins polluer.

Retrouvez la campagne « Bye Bye Plastique » de la province Sud.