Elle dit non aux emballages en plastique !

Fabienne Gandet, gérante des deux seules épiceries sans emballage de Nouvelle-Calédonie, promeut un mode de consommation responsable. Soutenue par la province Sud, cette visionnaire ne compte pas en rester là. Rencontre.

Vous avez ouvert le 30 janvier dernier la seconde épicerie sans emballage de Nouvelle-Calédonie, à Robinson. Comment ça marche et que peut-on y trouver ?

Le concept, c’est de venir avec ses contenants, de peser ses bocaux et ses emballages vides en entrant dans le magasin, avant de les remplir. Et donc, de ne pas créer d’emballages en achetant. Dans cette épicerie, on trouve l’essentiel pour la maison : sucre, thé, café, farine, huiles, produits d’hygiènes corporels et plein de petites initiatives locales qui sont orientées « Zéro déchet ».

Il existe une forte dynamique d’artisanat local orienté « Zéro déchet », qui a émergé ces dernières années et qui, du coup, a trouvé sa place grâce aux deux magasins en vrac, et a pu se développer grâce à notre visibilité.

En quoi cette démarche est importante pour la Nouvelle-Calédonie ?

Nous sommes sur une prise de conscience collective : celle de limiter ses déchets. A un moment donné, tant pour son alimentation que pour sa santé ou pour l’environnement, on est obligé de réfléchir différemment. Il existe un gros mouvement, qui s’appelle le « Do it yourself » (faites le vous-même, en français), je fais mes savons, je fais mes shampoings, mes dentifrices etc. Du coup, je consomme et j’achète différemment, on est vraiment sur une réduction du déchet pour la Nouvelle-Calédonie.

Nous sommes aussi dans une logique de lutte contre le gaspillage, puisque les gens n’achètent que ce dont ils ont besoin. S’ils ont besoin de 200 grammes de farine pour une recette, ils achètent 200 grammes de farine pour leur recette, point. Ils ne sont pas obligés d’acheter un kilo.

En chiffres, ça donne quoi ?

En termes d’emballages, par an, on fait 2 500 étiquettes de contenants différents. Ce sont des contenants qui sont apportés en permanence et qui ne sont pas créateurs de déchets, finalement. L’idée, c’est bien de minimiser sa production de déchets au quotidien.

Votre activité est soutenue par la province Sud, de quelle manière ?

La province Sud m’a aidée au niveau de l’emploi, sur les deux structures, celle du Faubourg Blanchot et celle de Robinson, avec une aide sur les charges salariales pendant six mois, via la DEFE (direction de l’Economie, de la Formation, et de l’Emploi). Mes épiceries sont des petites structures à peine rentables. Le fait de se passer de charges salariales pendant six mois, ça a été un vrai atout pour le début.

Il y a une dynamique de la part de la province Sud en termes d’environnement. Un appel à projets émanant de la direction de l’Environnement est apparu le mois dernier, sur le principe de réduction des emballages plastiques. J’ai évidemment répondu, j’ai plein d’idées.

Justement, en ce qui concerne l’appel à projet lancé par la province Sud, en quoi consiste votre proposition ?

L’idée, c’est d’avoir un distributeur à shampoing. Le shampoing est un gros consommateur d’emballages en plastique, souvent de 250 ml, donc en petite quantité… Sur une famille de 4 personnes, ça ne dure parfois qu’une semaine. Vous imaginez facilement la quantité d’emballages que l’on consomme dans une maison.

Nous avons la possibilité de faire venir en très gros conditionnement des shampoings « bio », certifiés, écoproduits dans des usines complétement autonomes en matière d’énergie, et qui ont donc déjà une valeur environnementale très intéressante. Il nous faut ensuite une machine qui fonctionne avec une pompe, et qui distribue de manière hygiénique et fiable dans des bouteilles. Les clients peuvent venir avec leurs propres bouteilles et les remplir à l’infini, toujours dans l’idée de réduire les emballages plastiques et de consommer… différemment.

Changeons nos habitudes face au plastique à usage unique 

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