Focola : un projet d’agri-énergie inédit

Pour la première fois dans le Pacifique, seize serres aux normes anticycloniques seront équipées de panneaux photovoltaïques. Ce projet inédit d’agri-énergie d’un montant de 750 millions de francs CFP est soutenu financièrement par la province Sud. Le futur a un nom, il s’appelle Focola…


Produire l’équivalent de la consommation électrique de 600 habitations, grâce à 5 100 panneaux solaires, posés sur 2,2 hectares de serres agricoles : du jamais vu. D’ici quelques mois, sera inauguré à Farino le projet innovant d’agri-énergie baptisé Focola. Le concept ? Créer les seize premières serres installées en Nouvelle-Calédonie aux normes anticycloniques (avec 4,5 mètres de pieux enfoncés dans le sol) et les équiper de panneaux photovoltaïques, afin de produire à prix constant de l’électricité injectée au réseau, tout en permettant une production agricole maraîchère en toute saison. Une première en Nouvelle-Calédonie, mais aussi dans le Pacifique.

Ce pari fou, lancé en octobre 2017 par Enercal Energies Nouvelles et Akuo Energy pour un montant de 750 millions de francs, a déjà donné du travail à 65 personnes sur le chantier, et devrait offrir d’autres opportunités d’emplois directs et indirects.

La province Sud, dans le cadre de sa politique en faveur de l’autosuffisance énergétique et agro-alimentaire, soutient ce projet à hauteur de 50 millions de francs. « C’est gagnant-gagnant, explique la première vice-présidente Martine Lagneau, venue voir sur place l’avancée des travaux avec l’élue provinciale Nina Julié. Combiner les deux activités, de production d’énergie et de production agricole, c’est l’avantage de ce projet qui concilie développement social, économique, autosuffisances alimentaire et énergétique. »

Jean-Christophe Niautou, exploitant agricole propriétaire du terrain, mais aussi élu de la Chambre d’agriculture et membre de Repair, a initié ce projet en avril 2015, après le passage d’un cyclone qui a dévasté son exploitation. Sous ses seize serres de 11 mètres de long pour 5 mètres de large, l’agriculteur devrait produire des fraises, des courgettes, des salades, des concombres et des tomates toute l’année. Un pas de plus vers l’autosuffisance alimentaire défendue par la Politique Publique Agricole Provinciale (PPAP).