La filière sylvicole prend le pli du développement durable

Depuis 2009 sur le territoire, la société Embois, spécialisée dans la fabrication de palettes en bois prône le 100% durable et local. En matière de normes européennes aussi, l’entreprise, soutenue par la province Sud, se met à la page.


« 1/3 du bois coupé localement est modifié en palette chez nous », lance Alexandre Cazé, gérant de l’entreprise calédonienne Embois, adossé à une pile de palettes. Au cœur de ses ateliers de la Zac Panda, les colonnes de palettes en bois s’amoncèlent et grignotent de la place sur les docks voisins.  Et pour cause, « nous produisons 25 000 palettes à l’année, cela fait environ 2000 par mois. Elles sont envoyées à destination de l’industrie, des brasseries et de la grande distribution », assure l’expert. Depuis fin 2016, la société a obtenu une protection de marché pour laquelle le gérant a signé un contrat de performance avec le gouvernement tout en assurant de réaliser des investissements. « Nous nous fournissons à 90% auprès des producteurs locaux, notamment à la scierie Mathieu et à l’entreprise Bois du Nord. Notre taux d’importations de bois a baissé, il est aujourd’hui à 10% », révèle-t-il sérieux. Une production de palettes presque entièrement locales désormais standardisées selon la norme européenne EPAL. « Cette société propose un grand nombre de services auprès des professionnels et des particuliers, comme la récupération de bois, transformation et fabrication de palettes, meubles et autres, explique, sur place, la première vice-présidente de la province Sud, Martine Lagneau, accompagnée de Nina Julié, l’élue provinciale en charge de l’Environnement. Aidée par la province Sud, l’entreprise compte investir prochainement 150 millions et s’orienter vers la Biomasse grâce aux « déchets » de ses clients. »

Alexandre Cazé, gérant d’Embois et Michel Soate, le responsable d’atelier.

Et si la production se porte bien sur le caillou, la revalorisation des déchets est un enjeu majeur dans le domaine sylvicole. Embois souhaite d’ailleurs réutiliser 100% des résidus de palettes. « Les palettes endommagées sont réparées dans nos ateliers, celles en fin de vie sont recyclées en bacs à compost ou bien en meubles. Par exemple cette année, nous allons fabriquer du mobilier pour les exposants du marché de Noël », explique-t-il. Et pour atteindre le taux escompté de 100 % en matière de normalisation, Alexandre Cazé se prépare à investir l’année prochaine dans du matériel de séchage des résidus et dans une chaudière à biomasse, afin de réaliser une valorisation énergétique. « C’est-à-dire d’utiliser les déchets de biomasse afin de produire de l’électricité ». Pour l’heure les considérations du gérant sont tournées vers un déménagement possible sous peu, afin « d’étendre notre activité et de continuer dans le secteur du développement durable et le 100% réemploi du déchet ». De nouveaux employés devraient également être recrutés. « La filière sylvicole s’organise localement, c’est une très bonne nouvelle », conclut-t-il le sourire aux lèvres.

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