Une seconde vie pour les navires Blue boats

Valoriser les matériaux des Blue boats, ces navires vietnamiens arraisonnés par la Marine Nationale en 2017 pour pêche illégale, en conjuguant insertion professionnelle et développement durable.  C’est l’objectif du chantier-formation mené par l’AFPA. Soutenue et financée par la province Sud, cette opération originale bénéficie de l’accompagnement de la DEFE.


Lancée par l’Agence pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), l’opération baptisée « Destin vert » a démarré en juin 2017. Une première phase a permis de démanteler 4 navires Blue boats. Dès le début de la déconstruction des bateaux, la perspective de revaloriser les matériaux a émergé. En juin 2018, avec l’arrivée de deux nouveaux navires saisis en décembre 2017, le chantier reprend de plus belle.

A l’heure actuelle, la troisième phase mobilise 6 jeunes suivis par la MIJ. « Ce projet a été mis en place avec la direction de l’Economie, de la Formation et de l’Emploi de la province Sud, souligne Pierre Lefort, directeur territorial de l’AFPA Pacifique. L’idée est de transformer les coques en bungalows dans le concept écotourisme, et de les mettre à disposition des opérateurs touristiques. » Transportables, grâce à un châssis métallique, ces bungalows s’avèrent malléables et pratiques. « Ces modules peuvent être montés en moins d’une journée. »

Le modèle présenté offre une surface de 15 m2, mais il n’est pas encore finalisé. D’ici la fin du chantier en mars, « il va falloir équiper à l’intérieur avec une partie du bois récupéré sur les bateaux mais aussi du bois neuf. Nous avons prévu de réaliser 4 bungalows et un module sanitaire », précise Pierre Lefort.

Conjuguer insertion, formation et développement durable

Les projets Destin Vert ont cette particularité d’allier à la fois insertion professionnelle, formation et développement durable. Un concept original : « L’objectif est d’offrir à nos stagiaires des activités qui leur permettent d’apprendre des gestes techniques simples mais bien maîtrisés, souligne Pierre Lefort. Ils savent utiliser une tronçonneuse, des équipements électroportatifs et manier des grues »

Pour Landrey, 21 ans, la phase d’apprentissage a été rapide : « On a vite été mis dans le bain, moi et mes collègues. C’est très physique et c’est ce qui me plaît ! »  Sculpteur de formation, Marving, 23 ans, aime travailler le bois, mais cette expérience lui apporte de nouvelles compétences : « J’apprends de nouvelles techniques même si mon truc, c’est plus la sculpture. »

L’aspect développement durable apparaît comme un fil rouge de ce chantier : « On est également dans une démarche environnementale, car on limite au maximum les déchets et on fait du recyclage » assure Thierry Reydellet, directeur de la DEFE.