Pèmöru Ko, ou le dialogue avec le temps et l’espace

Fragments de poterie de la tradition Plum, coquillages troués, perles en serpentine, lests de filets de pêche en pierre… Dans l’exposition gratuite proposée au centre culturel Tjibaou jusqu’en juin 2019, les objets archéologiques trouvés en province Sud entrent en résonnance avec les œuvres d’artistes contemporains océaniens et transcendent ainsi le temps et l’espace.

« Constituer des passerelles, faire revivre des objets très anciens et comprendre les œuvres d’aujourd’hui. Un dialogue avec le temps et l’espace à l’échelle de tout le Pacifique ». C’est ainsi que Leonard Sam, élu provincial en charge de la Culture, présente l’exposition initiée par la province Sud et présentée jusqu’au mois de juin au centre culturel Tjibaou. Pèmöru Ko (« Faire revivre l’esprit », en langue ajié) invite à découvrir les liens invisibles qui unissent le patrimoine archéologique issu de différents sites de la province Sud et l’art contemporain océanien.

« Nous avions envie de présenter les objets archéologiques sous un angle esthétique et différent, explique Malia Terebo, chargée d’études à la direction de la Culture et à l’origine de cette exposition. Avec Guillaume Soulard, directeur artistique et culturel de l’ADCK, nous avons réfléchi à une vingtaine de thèmes qui brossent la vie quotidienne des océaniens (la pêche, la cuisine, les parures, les objets en pierre, les objets en coquillages…) afin de faire des associations entre les objets archéologiques et des œuvres artistiques contemporaines ».

L’objectif de cette exposition très esthétique : explorer les liens entre les peuples du Pacifique insulaire, à travers le temps mais aussi l’espace. Ainsi, un lest de filet de pêche en pierre retrouvé sur le domaine de Deva résonne avec une scène de pêche peinte par un artiste australien contemporain du détroit de Torrès.

Pour Gérald At-Chee, venu de Païta avec quelques jeunes, cette exposition est importante car elle montre à quel point il est important de préserver le patrimoine et de développer l’expression artistique et culturelle des nouvelles générations : « C’est impressionnant de voir ces objets qui ont traversé les siècles, de se dire qu’ils ont été utilisés… C’est impressionnant et aussi très inspirant pour nos jeunes de voir des œuvres d’art venues de tout le Pacifique ».