L’acanthaster, une étoile de mer mangeuse de corail sous haute surveillance !

Limiter l’impact des acanthasters sur le récif et évaluer l’efficacité des opérations de contrôle de population réalisées sur une zone donnée. C’est l’objectif de la mission pilote, organisée et financée par la province Sud avec le soutien de l’IRD, sur les zones récifales de l’îlot Redika et de la baie de Prony, qui consiste à éliminer ces étoiles de mer mangeuses de corail en leur injectant du vinaigre. Une opération strictement encadrée par la province Sud et son code de l’environnement.

Une trentaine de plongeurs bénévoles confirmés, encadrés par un centre de plongée, des équipes de la direction de l’Environnement de la province Sud et un scientifique de l’IRD, ont, durant trois jours minutieusement piqué des centaines d’acanthasters dans le lagon sud à l’aide d’un kit spécifique permettant de leur injecter une dose létale de vinaigre. Même si la présence de cette étoile de mer fait partie du cycle naturel des milieux récifaux, une surpopulation pourrait contribuer à affaiblir la capacité de régénération des coraux déjà impactés par des épisodes de blanchissement ou menacés par les risques liés au changement climatique. Ainsi, la Province et l’IRD ont décidé d’agir, dans le cadre d’une étude pilote sur des milieux particulièrement impactés.

C’est le suivi participatif en ligne de la présence d’acanthasters, développé par l’IRD et dénommé OREANET qui a permis de montrer une infestation de ces étoiles de mer, notamment autour de l’Îlot Redika et au sein de la baie du Prony. « Ces sorties sont strictement encadrées par la province Sud, une autorisation spécifique a été délivrée pour cela, explique Michel Mai de la DENV. Nous effectuons des opérations de contrôle des densités, sur des zones où des infestations ont été signalées ».

Kit utilisé pour injecter une dose létale aux acanthasters.

Un objectif de préservation et de suivi scientifique

La province s’est engagée à préserver son récif inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Ainsi, cette opération de contrôle s’accompagne d’un suivi scientifique qui permettra d’évaluer son efficacité dans la durée et reproduire cette expérience en cas de nécessité.

Des moyens de lutte spécifiques par simple injection de vinaigre ont été mis au point par l’IRD. « Nous piquons le centre de l’acanthaster, surtout pas les branches, et elle meurt en quelques minutes avant d’être mangée par les poissons, explique Pascal Dumas, chercheur à l’IRD. Il n’y a ainsi pas de déchets ni de pollution ». Néanmoins une mise en œuvre à diverses échelles nécessite encore d’évaluer son efficacité d’un point de vue environnemental et logistique. C’est donc avec un objectif scientifique que la province Sud accompagne l’IRD dans cette étude du contrôle des densités d’acanthasters. « Ces étoiles mangent les coraux à l’état adulte, ici, il s’agit de diminuer la densité pour revenir à des niveaux naturels de présence de ces espèces, assure Michel Mai, de la DENV. Car l’acanthaster n’est pas une espèce invasive, elle existe naturellement sur nos récifs ».

Dans un cadre réglementaire

Les résultats obtenus sur l’efficacité des protocoles employés permettront d’évaluer dans quelles conditions la province Sud pourra encadrer leur mise en œuvre dans des zones à enjeux. En plus des deux zones pilotes de Prony et de Rédika, huit autres zones font l’objet de surveillance et potentiellement d’intervention en province Sud.