Le tourisme durable, c’est aussi connaître les circuits-courts !

Réduire les intermédiaires, pour proposer aux touristes des produits agricoles frais et locaux. C’était l’objectif d’une formation consacrée aux circuits-courts et proposée cette semaine aux professionnels du secteur touristique par la province Sud.

Gérants de table d’hôte ou de gîtes, cultivateurs de champignons, responsables d’office du tourisme, chefs de cuisine… La dernière formation de l’année du PPAT (Programme de professionnalisation des acteurs du tourisme de la province Sud), consacrée à la thématique du circuit-court pour un tourisme durable, accueillait une belle variété de profils !

Cette journée, organisée au centre culturel Tjibaou, était animée par Gabriel Levionnois, chef du restaurant Le P’tit Café. « Nos produits locaux ont une énorme valeur, ils ont une très belle histoire et sont appuyés sur des traditions. La question est de savoir comment on peut les mettre en avant, explicite-t-il. Proposer notre identité dans une assiette, les services, les artisanats d’art et les histoires qu’on raconte : c’est ce qu’on cherche à améliorer aujourd’hui. »

Le chef, militant pour la réhabilitation des produits locaux sur les cartes des restaurants, apprécie le rôle de la province Sud « en facilitateur, pour favoriser l’autonomie » des acteurs. Martine Lagneau, vice-présidente de la Province et présidente du GIE Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud (NCTPS), a introduit cette journée d’échanges et d’ateliers : « Les circuits-courts impliquent d’être tous des alliés, acteurs du tourisme et producteurs. Beaucoup de collectivités travaillent ensemble sur la dynamique du développement durable. L’objectif est de recevoir de mieux en mieux nos touristes tout en misant sur la durabilité. »

Carole et Thomas, gérants à Dumbéa du gîte Le Panoramique, participaient à leur première formation. A côté de leur offre en logement, ils cultivent des fruits et légumes de saison (ignames, chouchoutes, oignon vert, persil, papayes, carottes…). « Pour nous, le circuit-court, c’est de proposer à nos clients des produits frais qu’ils voient directement dans le potager à côté de leur gîte. Et petit à petit, d’en proposer aussi aux voisins, à la boucherie, à l’auberge du Mont-Koghi, aux cantines qui seraient intéressées par nos surplus… »

Cette journée mobilisait également des agents de la direction du Développement Rural (DDR), impliqués dans les circuits d’agriculture familiale et très actifs en Brousse. Quant au déjeuner assuré par l’association de producteurs Food Forest Connexion, il a permis de vérifier par la pratique qu’on pouvait se régaler à partir de surprenantes associations de saveurs locales. Au menu : dal de graines d’ambrevades, croquettes de taros de montagne, kimchi de navet, yaourt de coco vert…