Requins : le marquage a commencé

En commandant et en finançant le programme d’étude sur les requins, la province Sud contribue à la connaissance scientifique de cette espèce protégée. Le but ? Adapter au mieux les mesures à prendre près du littoral. Ainsi, la direction de l’Environnement est au cœur d’un dispositif qui vise à capturer, marquer et relâcher au large les requins bouledogues présents dans la baie de la Moselle.

Afin d’améliorer les connaissances sur le comportement des requins dans le lagon et d’évaluer leur l’abondance, notamment près du littoral, la province Sud a sollicité l’IRD pour concevoir un programme d’étude, d’une durée d’au moins 4 ans, qui a débuté cette semaine baie de la Moselle. Ainsi, la première campagne de prélèvement et de marquage de requins se déroule du 26 au 30 novembre à Nouméa et se poursuivra ensuite sur Bourail, à Deva.

Emmanuel Coutures, chargé de mission pour la direction de l’Environnement de la province Sud, participe à l’opération de prélèvement et de marquage des animaux, aux côtés de l’IRD. « Aujourd’hui, nous sommes extrêmement contents car nous avons réussi à prélever une femelle bouledogue de 2,5 mètres ce mardi, explique-t-il. En compagnie des chercheurs de l’IRD, nous avons pu voir comment on mesurait et marquait le requin, comment il fallait le manipuler en toute sécurité pour lui, comme pour nous. L’objectif était d’apprendre la procédure avec des professionnels. »

Après sa capture, la femelle a été placée sur un harnais et transportée à bord du navire Amborella, à l’aide d’une grue. Selon le chercheur de l’IRD, Laurent Vigliola, « il s’agit là d’une première mondiale dans le sens où nous la transportons à bord d’un navire de cette manière, aussi longtemps, pour la relâcher à l’extérieur du récif, après la passe de Boulari. »

Sur Nouméa, les requins bouledogues régulièrement signalés dans la grande rade et la petite rade et dont le comportement a pu être modifié par des pratiques de nourrissage, interdites par le code de l’Environnement depuis avril 2017, sont la première cible. La bande des 300 mètres relève de la responsabilité de la mairie de Nouméa, néanmoins, la province Sud participe largement au plan de prévention du risque requin en finançant des études scientifiques et en réunissant, depuis des années, tous les acteurs autour de la table pour faire avancer la réglementation et éviter les accidents.

Les résultats de ce programme de recherche participeront à la compréhension des risques liés aux requins et constitueront une aide précieuse pour la prise de décisions relatives à la sensibilisation, à l’information et aux mesures à prévoir et mettre en œuvre en cas de signalement. C’est pourquoi, la Province soutient financièrement ces travaux scientifiques à hauteur de 20 millions de francs. Des restitutions grand public seront régulièrement organisées pour présenter les résultats de ce programme.