A Oui Poin, un chantier pour que la jeunesse prenne son envol

Durant trois mois, la tribu de Oui Poin à La Foa a vécu au rythme d’un chantier d’insertion inédit : la construction d’observatoires ornithologiques sur les hauteurs, pour accueillir les touristes. L’occasion de concilier développement économique et insertion professionnelle.

Une demi-heure de 4×4 depuis la maison commune, sur des pentes parfois ravinées et ardues : il faut mériter la vue sur les hauteurs de Oui Poin ! C’est là, à la lisière entre forêt de niaoulis et ligne de crête, que huit jeunes originaires de la tribu ont réalisé deux observatoires ornithologiques destinés à accueillir les touristes – en visite à cheval ou à pied (avec le prochain passage du GR par la vallée).

Développement en tribu

A l’inauguration mercredi matin, les élus provinciaux parmi lesquels le maire de la Foa Corine Voisin, ont remis les attestations de mise en situation professionnelle aux participants. L’occasion pour Marie-Françoise Hmeun, présidente de la commission de l’emploi et de la formation professionnelle ainsi que de la MIJ (Mission Insertion Jeune), d’afficher sa satisfaction : « Je suis très contente de voir qu’ici à Oui Poin, vous les jeunes avez pris le relais, vous vous êtes appropriés les partenariats qu’on propose en tant qu’institutions. Par ce type de projets vous contribuez à la construction du pays. L’activité économique ne se cantonne pas qu’à Nouméa, c’est aussi par le développement en tribus ! »

Ce chantier atypique (financé dans le cadre du contrat de développement Etat/province Sud pour un coût total d’un peu plus de 10 millions), a mobilisé l’énergie de tout le collectif avec notamment les mamans qui assuraient les repas. Il était piloté par l’association ACTIVE (Association calédonienne pour le travail et l’insertion vers l’emploi). Une grande partie des matériaux mobilisés provenaient des « matières premières » à profusion dans les environs : palmiers de forêt, niaouli, bambou… « Le plus dur c’était de couler les dalles de béton, car on devait ramener de l’eau avec des fûts depuis la tribu, souligne Junior Médara, qui encadrait l’équipe. Pour transporter le matériel, ça n’était pas évident ! » Les panneaux en bois constituant les cabanes-observatoires ont par exemple été pré-montés « en bas », avant d’être assemblés sur le site.

« La particularité du chantier tient à la logistique parce qu’il était assez éloigné dans la Chaîne, confirme José Marques, responsable de l’antenne de la MIJ de la Foa qui accompagnait les différentes étapes de réalisation du projet. Les jeunes se sont investis à fond ; ils aimaient déjà sculpter et travailler le bois, et ont donc vraiment trouvé leur plaisir. Et puis ils ont fait preuve d’initiative en aménageant certains équipements qui n’étaient pas prévus, comme des barrières et des passerelles. »

Pour la suite, l’agriculture

Au passage, les peintures de la cuisine collective ont été rafraîchies. Une formation aux différentes espèces d’oiseaux présents dans les parages a également été délivrée aux participants par la Société calédonienne d’ornithologie. Aujourd’hui, guidés par des agents de la DDR, ils inscrivent leur avenir immédiat dans des projets d’agriculture ou d’élevage dans une tribu aux sols fertiles : apiculture, élevage de poules ou de cailles, maraîchage…

« Avec ce projet, ils ont montré qu’ils pouvaient faire par eux-mêmes, tout en contribuant au développement de la tribu, a déclaré Jean-Marc Ninduma qui se faisait ainsi le porte-parole de la jeunesse de Oui Poin. Maintenant ils ont plein d’idées pour la suite ! »