Des bactéries marines calédoniennes contre les rides

Depuis son arrivée sur le territoire en 2010, Eleftherios Chalkiadakis ne cesse de développer la recherche dans la biotechnologie marine, avec l’aide de la province Sud. À travers ses deux entreprises, Tech Cal et Biotecal, il souhaite conquérir le marché international de la cosmétique.

C’est grâce à sa première entreprise, Tech Cal, qui fournit du matériel spécialisé aux laboratoires sur le territoire depuis 2015, que ce chercheur a pu lancer la seconde, Biotecal, sur laquelle il planche depuis plus de six ans. Après six mois de stage à l’IRD sur le caillou, Eleftherios, qui réalise en parallèle une thèse sur la microbiologie et les bactéries marines, décide de s’installer à Nouméa. Et pour cause, il est le premier à lancer son projet au sein de l’incubateur de start-up de l’IRD et multiplie les places sur les podiums des concours d’innovation. Grâce à une aide au fond de roulement de la province Sud à hauteur de 1,9 million de francs, il « réalise des recherches, recueille et étudie des molécules naturellement produites par des micro-organismes marins calédoniens ».

Ces molécules, qui sont des bactéries, il les a extraites de mangroves, de platiers et même de la barrière de corail. Des opérations réalisées en une seule fois chacune (car ces micro-organismes sont naturellement programmés pour produire toujours la même molécule), et avec des autorisations préalables. Après des années d’analyse, d’isolement, de sélection et de cultures contrôlées de ces bactéries, ce travail de longue haleine est récompensé : « Nous avons plus de 300 isolats bactériens, 5 molécules en phase de développement final et une molécule phare, en cours de dépôt de brevet », lance l’expert.

Cette molécule produite par les micro-organismes marins calédoniens, c’est l’exopolysaccharide, qui se révèle agir efficacement contre le vieillissement de la peau. C’est ce qu’Eleftherios a découvert lors des études cliniques réalisées localement. Les résultats sont indéniables, selon lui : – 40% de rides en 30 minutes pour un taux de satisfaction des personnes testées de 80%. L’objectif du jeune chercheur, c’est de « fournir l’idée et les ingrédients à de grands groupes internationaux de cosmétiques ». Cette année, il est ainsi entré en contact avec des pointures du domaine cosmétique, dont L’Oréal et Shisheido. « Nous sommes en discussion avec deux groupes qui sont vivement intéressés. Cependant il existe encore un flou juridique sur le territoire concernant la commercialisation dans le domaine biotechnologique ».

Et si le marché de la beauté n’est qu’une première étape pour Eleftherios et son associé Étienne Lerat, ils pourraient atteindre le milieu agro-alimentaire et celui de la santé. Pour l’heure, les considérations de Biotecal sont encore bien locales : « Notre but pour cette fin d’année c’est de pouvoir faire entrer des investisseurs, débloquer la situation concernant la commercialisation et investir pour pouvoir faire des tests à plus grande échelle ».