Bluecham au service du développement durable

Mettre l’innovation au service du développement durable. C’est ce qu’a rendu possible la société calédonienne Bluecham, créée en 2008 par Didier Lille, épaulée par la province Sud et déjà récompensée 14 fois à l’international. Son but : convertir la connaissance scientifique en un outil de décision au développement durable.

L’idée de Didier Lille, créateur de l’entreprise Bluecham et ancien chercheur à l’IRD, était de récupérer les informations collectées par les satellites du monde entier : ces imageries spatiales américaines, françaises et chinoises, extrêmement précises, jusqu’à 25 cm de résolution. « Il voulait qu’elles servent à quelque chose », explique Giovanna Varra, directrice commerciale de la société. Et pour utiliser ces données, les spécialistes de Bluecham ont mis au point une technologie nommée Qëhnelö (« porte d’entrée » en Drehu), récompensée 14 fois à l’international et soutenue par la province Sud à hauteur de 12 millions de francs sous la forme d’aides à l’emploi.

« Ce dispositif permet de convertir la connaissance scientifique en outil de décision, afin d’améliorer le développement durable ». Et pour les spécialistes, le travail s’articule autour de la récolte et de la sélection des données, la création d’indicateurs et d’algorithmes, la transmission d’éléments historiques et récents et enfin la réalisation de diagnostics journaliers. Des tâches qui permettent d’apporter « une réponse précise aux collectivités publiques, aux industriels et aux programmes de recherches ».

Dans le milieu de la connaissance scientifique et des données satellites, tous les domaines sont porteurs : des urgences climatiques aux dégradations de milieux naturels et littoraux, de la pollution aux exploitations industrielles ou vivrières, tout peut être aidé par Bluecham. Depuis plus de 10 ans sur le territoire, les 5 professionnels de l’entreprise fournissent leur expertise aux sites miniers. Mais c’est dans le reste du Pacifique que la société intervient le plus.

« L’Australie et ses bancs de sables qui se déplacent, le Vanuatu et son volcan Ambaé, la Papouasie Nouvelle-Guinée et ses inondations, la Nouvelle-Zélande et ses mangroves… Ce dispositif permet de quantifier l’impact du réchauffement climatique et de le prévoir, afin d’agir en conséquence. Il permet d’être aussi efficace sur les milieux urbains, socio-économiques et de santé, explique Giovanna Varra. Lors du passage du cyclone Pam en 2015, nous avons fourni des informations à la sécurité civile qui devait décoller et partir en mission. »

Ces indications, une fois transmises selon les besoins, servent aux acteurs sur le terrain comme les transporteurs, les industriels ou bien les collectivités. Et si l’activité de cette entreprise innovante est en croissance constante, l’objectif reste : « Notre volonté, c’est de faire de l’Asie et du Pacifique un grand hub afin de permettre le meilleur développement durable possible », conclut Giovanna Varra.