À la rencontre des entreprises innovantes calédoniennes

Elles ont toutes les trois un point commun : l’innovation. Pick Me, Bluecham et Biotecal sont trois entreprises pionnières dans leur domaine, qui ont reçu un coup de pouce de la province Sud dans leur développement. Martine Lagneau, première vice-présidente de la province Sud, est allée à leur rencontre.

Des « personnes extraordinaires, avec des idées extraordinaires ». Ce sont les mots de Martine Lagneau, en visite ce vendredi 26 octobre au sein de trois sociétés calédoniennes aidées dans leur développement par la province Sud. Chacune dans leur domaine, elles sont des pionnières sur le Caillou.  « Ces visites permettent de voir l’évolution de projets que l’on a validé lorsqu’ils étaient sous forme de dossiers. Assister au développement, aux avancées, aux questionnements, aux problèmes cela fait partie de l’objectif premier de la province Sud : suivre les entreprises soutenues ».

La première, Pick Me, tend à révolutionner les transports calédoniens. À la manière d’un Uber local, cette application lancée par Alexandre en janvier dernier propose un service de transport instantané ou sur réservation, avec plus de 40 chauffeurs. Et si, depuis plus de neuf mois, le service semble séduire les Calédoniens (« plus de 17 000 personnes » l’ont déjà utilisé), l’évolution sur le marché semble complexe. « Nous avons un taux de fidélisation massif et de très bons commentaires mais changer les usages et attirer de nouveaux utilisateurs, ce n’est pas si facile », révèle le créateur. Malgré ses 30 partenaires locaux liés au tourisme, Pick Me peine toujours à se faire connaître et Alexandre souhaite voir la publicité pour l’application se multiplier, notamment au cœur de l’aéroport de la Tontouta.

La seconde entreprise, Bluecham, a été récompensée 14 fois à l’international. Lancée par Didier Lille en 2008, cette pionnière qui utilise les informations collectées par les satellites du monde entier, tend à convertir la connaissance scientifique en outil de décision « pour pouvoir améliorer le développement durable », explique Giovanna Varra, directrice commerciale de la société. Des urgences climatiques aux dégradations de milieux naturels, de la pollution aux exploitations industrielles ou vivrières, Bluecham soutient tous les seceturs « sur le territoire mais aussi et surtout dans le Pacifique, au Vanuatu, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou encore en Papouasie Nouvelle-Guinée ». Informer, prévoir, anticiper et apporter une réponse aux acteurs sur le terrain, c’est l’objectif principal de cette société. Et si elle a su conquérir le Pacifique, pour Giovanna Varra, « l’idéal serait de pouvoir travailler encore plus sur le territoire calédonien ». Une demande qui sera également appuyée par Martine Lagneau.

La troisième, Biotecal, lancée par Eleftherios Chalkiadakis, utilise la microbiologie et les bactéries marines dans la cosmétique. Grâce aux aides provinciales, ce chercheur a « recueilli et étudié les molécules naturellement produites par les micro-organismes marins calédoniens ». Ces molécules, qui sont des bactéries extraites de mangroves, de platiers et de la barrière de corail, s’avèrent être efficaces contre le vieillissement de la peau : « On est en discussion avec des grands groupes cosmétiques comme L’Oréal et Shiseido. Mais on voit encore plus loin. L’objectif final, serait d’atteindre le milieu de l’agro-alimentaire et celui de la santé », explique-t-il. Pour l’heure les considérations de Biotecal sont encore bien locales puisque les professionnels sont en cours de dépôt de brevet concernant leur première bactérie phare.