Un nouvel avenir pour les offices du tourisme en province Sud ?

Aujourd’hui, organiser ses vacances se fait bien souvent d’un simple clic sur Internet ou sur son smartphone. Les habitudes des touristes ont évolué. C’est pourquoi, mandaté par l’organisme national ATOUT France pour une mission d’aide au développement touristique, Jean-Luc Boulin a proposé des pistes de réflexion afin d’optimiser l’organisation des offices du tourisme en province Sud.

L’évolution technologique et le succès des réseaux sociaux ont changé la donne en matière de tourisme. Aujourd’hui, quand on veut voyager, on recherche d’abord l’information sur Internet, on compare les prix puis on fait ses réservations en ligne. Dans ce contexte, les offices du tourisme servent-ils encore à quelque chose ? « Oui », répond sans hésiter Jean-Luc Boulin, directeur de la mission des offices du tourisme de Nouvelle-Aquitaine (MONA), en mission sur le Caillou pour une semaine. Son objectif ? « Accompagner les offices du tourisme de la province Sud dans leur évolution, en prenant en considération les attentes de la clientèle mais aussi les nouveaux outils de valorisation. »  

Un diagnostic positif

Jean-Luc Boulin a rencontré les équipes des offices du tourisme de Nouméa, Bourail, La Foa, Boulouparis, Le Grand Sud, Yaté et Ile des Pins, ainsi que les représentants des différentes communes. Et son constat est positif : « Il y a une volonté collective d’avancer ensemble. Les ateliers du tourisme ont donné une vraie dynamique. » Excepté les offices du tourisme (OT) de Nouméa et de l’Ile des Pins qui ont une activité importante, pour le directeur de MONA « beaucoup sont encore au tout début de leur développement et il y a vraiment une carte à jouer au niveau de l’accueil local, en brousse, dans les tribus. Il faut continuer à développer cet aspect car cela correspond de plus en plus à la demande de la clientèle internationale en recherche de tourisme durable, authentique et d’échanges avec les populations locales. »

Vers une organisation fédérative des offices du tourisme

Pour l’expert d’ATOUT France, l’organisation même des offices du tourisme devrait être repensée. « L’idée est d’aller vers une structuration unique, avec un seul OT au niveau de la Province, mais en laissant les antennes locales qui pourraient être le trait d’union entre les visiteurs et la population locale. Il importe aussi de privilégier les associations locales qui pourraient constituer des liens avec les prestataires locaux. » Ainsi, l’avenir du tourisme calédonien pourrait être envisagé en mettant le focus sur les offres touristiques en lien avec la culture locale au sens large.

Miser sur l’accueil et les plateformes existantes

Une enquête réalisée par les Offices du tourisme de France en 2017 démontre que 6 jeunes de moins de 25 ans sur 10 n’ont jamais mis les pieds dans un office du tourisme. « Mais ils y rentreront demain, si c’est l’endroit où ils sont bien accueillis et où ils peuvent avoir une expérience différente, souligne Jean-Luc Boulin. Aujourd’hui, les visiteurs veulent surtout un conseil éclairé et engagé d’un local. En bref, ce qu’ils ne trouvent pas sur Internet. De plus, les acteurs touristiques doivent être des curateurs de leur destination. C’est-à-dire produire du contenu numérique, faire de la veille sur leur destination et s’assurer de leur présence sur les plateformes. En clair travailler leur : e-réputation. »

Cette nouvelle organisation est très attendues par les responsables des offices du tourisme de la province Sud. « On ne peut pas rester dans notre coin, souligne Catherine Daverat, responsable de l’OT de Bourail. Il faut qu’on puisse travailler ensemble. Nos métiers évoluent constamment. Et aujourd’hui, Jean-Luc nous propose une nouvelle organisation où l’on va pouvoir mutualiser et échanger. »