Une classe verte en « terre rouge »

Pour la première fois, une classe verte se déroule au Parc provincial de la Rivière Bleue. Du 8 au 12 octobre, 21 élèves du collège de Koutio sont invités par la province Sud à s’immerger au cœur du parc afin de mieux observer la faune et la flore locale à travers des activités scientifiques et sportives. Aventure garantie !

« Ici, on fait des découvertes en plein air que l’on n’aurait jamais pu faire au collège. On comprend vraiment mieux ce qu’est l’environnement, c’est magique ! » A en croire Juliana, 12 ans, l’une des 21 élèves de 6e du collège de Koutio à avoir la chance de participer à la première classe verte financée par la province Sud, la meilleure façon de protéger l’environnement, c’est encore… de le connaître.

C’est à partir de ce constat que la province Sud et sa direction de l’Environnement (DENV) ont souhaité proposer au vice-rectorat cette nouvelle opportunité en matière d’éducation, au cœur du Parc provinciale de la Rivière Bleue. « Seulement quatre élèves sur 21 étaient déjà venus ici, explique Anne-Charlotte Neretti, enseignante en sciences et vie de la terre (SVT) et chargée de mission à la culture scientifique pour le vice-rectorat. C’est elle qui mène cette première « expédition ».

« La mission des élèves est de convaincre les visiteurs de respecter la charte du parc en apportant des arguments scientifiques. » Exemple : créer des fiches de classification des crevettes. Pour cela, un petit tour en kayak s’impose, avant d’étudier le précieux prélèvement à l’aide de microscopes. Vélo, randonnées et courses d’orientation sont aussi au programme. « Ce qui est génial, explique Hervina du haut de ses 11 ans, c’est que j’ai vu les crevettes dans l’eau. Maintenant, je peux dire où elles vivent et pourquoi il est interdit de les pêcher… » Et pourquoi ? « Parce que c’est interdit par la convention Ramsar ! », lance Titouan, 11 ans et déjà fier de ses solides connaissances.

Pour que cette classe verte soit réussie, la province Sud a fait appel à une association de femmes de Yaté pour confectionner les repas des enfants, « avec des produits locaux ». La collectivité subventionne également la société Loisirs Concept qui les loge dans des cabanes en bois flambant neuves.

« La priorité de la province Sud en matière d’environnement, c’est la sensibilisation, confirme Nina Julié, élue provinciale venue rendre visite à cette première classe verte. Depuis 2014, la province Sud s’est dotée d’une feuille de route, notamment vis-à-vis du public jeune. C’est pour cette raison que nous avons créé l’événement Jeunesse et Développement durable (JDD), c’est pour cette raison que nous avons créé le réseau d’Aires de gestion éducative (AGE), que nous avons mis en place des dispositifs de sensibilisation au gaspillage alimentaire. Cette action nouvelle vient compléter cette feuille de route. »

En tant qu’ancienne enseignante de SVT, Nina Julié ne pouvait que porter ce projet qu’elle aurait elle-même « aimé pouvoir partager avec ses élèves ». Car, selon elle, « c’est la meilleure façon de les inciter à protéger l’environnement. On peut apprendre plein de choses en dehors de l’école, et pourquoi pas susciter des vocations de chercheur ou de garde-nature… »