La Maison Célières sous le feu des projecteurs

Une vénérable maison coloniale, théâtre d’un interrogatoire pour faire avouer un meurtrier présumé ? La semaine dernière, la série policière Section de Recherches, diffusée sur TF1, a pris ses quartiers Faubourg Blanchot ! Retour sur un tournage qui met en lumière paysages, ambiances et savoir-faire locaux.

Dans le salon où se concentrait l’essentiel de l’action durant les trois jours de tournage : des cartes détaillées de la Grande Terre, des sculptures kanak, des écrans mentionnant Nouméa… Au cas où les millions de téléspectateurs européens de la série l’oublieraient, l’action se situe bien en Nouvelle-Calédonie ! Si le patrimoine historique que constitue la Maison Célières est ainsi valorisé, des drones ont également capté des extérieurs naturels lors de séquences à Plum ou au Mont-Koghi.

Le tournage d’une série professionnelle, ça ressemble à une alternance entre moments d’intense agitation – au cours desquels une trentaine de techniciens s’affairent, se relaient, déplacent le matériel avec précision – et d’autres, où tout se fige autour de la scène interprétée par les acteurs. Silence, ça tourne ! Il faut parfois rejouer la scène jusqu’à quinze fois. Quant à l’équipe technique présente sur ce tournage, 55% est locale.

Rigueur et sang-neuf

Parmi ces hommes et femmes qui œuvrent derrière les caméras, Terence Chevrin, jeune réalisateur-producteur bien connu des cinéphiles calédoniens, a mis à profit cette belle opportunité pour s’essayer au rôle d’assistant-machiniste. « Le département machinerie s’occupe de tous les mouvements de caméras – les travellings ou mouvements de grues, mais aussi la sécurisation du plateau pour éviter tout risque de casse ou de blessure. On doit aussi claper sur le plateau, aider le cadreur à la fin de la prise de vue en le soulageant du poids de la caméra…! énumère Terence, contaminé par l’enthousiasme ambiant. Techniquement, c’est une grosse machine. On apprend plein de choses, y compris la rigueur. »

Loïc Berthézène, directeur de production de la série métropolitaine, apprécie particulièrement l’implication des techniciens locaux : « Je dirige la série depuis 2011, nous avons des techniciens récurrents qui sont là depuis plusieurs années, les équipes se connaissent. Ça fait donc du bien d’avoir du sang-neuf pour nous remettre en question sur notre propre travail. La Nouvelle-Calédonie nous apporte cette nouveauté. »

« En tant que figurante, on a juste à être une présence. On n’a pas de texte à apprendre, c’est vraiment moins stressant que d’être comédienne. C’est du bon stress donc c’est cool ! » Un peu à l’écart de l’agitation, Solenn Wane attend son entrée dans le champ des caméras. C’est une première sur un tournage pour la jeune femme de 29 ans, qui a enfilé durant six jours de tournage une tenue de gendarme auxiliaire ! « Il y a beaucoup d’attente. On arrive le matin, on se prépare, et puis après on attend les séquences où on a besoin de nous. Mais impossible de s’ennuyer sur un tel tournage ! » ajoute-t-elle avec le sourire.

Observation des coulisses

Parmi les visiteurs discrets et attentifs, Martine Lagneau, 1ère vice-présidente de la province Sud notamment en charge de la culture, et l’élue Pascale Doniguian. « Je suis très impressionnée d’observer les coulisses et toute la production mise en place pour obtenir, peut-être, à la fin une seule minute de film, apprécie Mme Lagneau. Quel boulot ! » Le tournage de la série se poursuit entre Poindimié et Hienghène jusqu’au 18 septembre. La diffusion des deux épisodes tournés en Nouvelle-Calédonie aura lieu, elle, en mars 2019 sur TF1… Le rendez-vous est donné !