De l’igname pour l’autosuffisance alimentaire

Quand l’Adecal met en pratique la théorie. Sylvia Cornu-Mercky, directrice générale par intérim de l’Adecal technopole, nous explique comment cette institution financée par la province Sud soutient la recherche, l’innovation et le transfert de savoirs agroalimentaires calédoniens, comme c’est le cas pour la filière igname.

Quel est le rôle et les principales missions de l’Adecal ?

De manière générale, l’Adecal technopole établit un lien entre les organismes de recherche et les professionnels, les services de développement, les associations, les groupements, etc. Nous avons beaucoup d’activités en mer et sur terre. Il y a aussi le pôle innovation qui accompagne les porteurs de projets. Ce lien entre la recherche et les professionnels, nous permet de nous occuper de transferts de technologie et de savoirs.

L’igname, par exemple, est l’un des dossiers que vous suivez de près ?

Chaque année, on produit à peu près une dizaine de tonnes de semence d’ignames que l’on vend aux professionnels pour qu’ils puissent planter du matériel sain et sélectionné pour produire des tubercules.

Ces semences, qu’ont-elles de particulier ?

Elles sont saines déjà. On fait les traitements qu’il faut, respectueux de l’environnement et de la santé, car l’Adecal est dans une démarche de développement durable. Nous sommes dans cette démarche, car c’est une demande forte des provinces, une demande forte de la Nouvelle-Calédonie.

Nous apportons aussi des semences sélectionnées : nous essayons de trouver des variétés tolérantes et résistantes à l’anthracnose -une maladie qui s’attaque à l’igname-, tout en évitant d’avoir des espèces qui font des ignames énormes, parce que sur le marché ça ne fonctionne pas. Nous sélectionnons aussi l’igname pour son caractère gustatif et coloré, parce que les consommateurs préfèrent souvent avoir des chairs un peu roses.

Nous essayons donc de faire des sélections sur des critères sanitaires pour éviter l’utilisation de produits chimiques, et parallèlement nous faisons bien attention aux consommateurs pour arriver à mettre sur le marché un produit performant.

En quoi l’igname est-elle emblématique de la Nouvelle-Calédonie ?

La particularité de l’igname, c’est que c’est une culture « culturelle », qui a un lien avec la culture kanak qui est important. En fait, la culture de l’igname et de la patate douce a toute sa place sur la route de l’autosuffisance alimentaire. Il y a un avenir important sur cette filière.

Plus d’infos sur la Politique Publique Agricole Provinciale (PPAP)