Marie-Françoise Hmeun, voler au secours des jeunes

Ancien personnel navigant et syndicaliste engagée, Marie-Françoise Hmeun, élue de la province Sud et du Congrès, impose un message centré sur l’avenir : « Non, le pays ne peut se construire sans une jeunesse qui va bien ». Et elle le prouve.

« Je crois à la deuxième chance », lance Marie-Françoise Hmeun, le regard soutenu et le sourire aux lèvres, derrière sa pile de dossiers posée sur son bureau à la province Sud. Aussi loin qu’elle se souvienne, l’engagement pour les autres a toujours animé son quotidien. Élevée à Lifou, elle vient d’une famille où « l’aide à autrui est plus qu’un devoir, c’est un mode vie ». Fille d’un homme syndiqué et ancré dans les problématiques sociales, Marie-Françoise Hmeun a naturellement construit sa carrière en faveur de l’aide sociale.

Si elle démarre sa vie professionnelle dans les airs, comme personnel navigant, elle a toujours gardé les pieds sur terre. Déléguée syndicale chez Air France puis Air Calin, elle devient rapidement secrétaire générale adjointe du principal syndicat des transports, le SOENC. Elle se décide en 2014 à porter son message plus haut et s’engage dans la politique. Aujourd’hui élue à la province Sud et au Congrès, elle préside la commission de l’Emploi et de la Formation Professionnelle et la commission de la Jeunesse et des Sports de la province Sud. Son objectif ? Apporter des réponses à la jeunesse en difficulté. « Notre pays ne peut se construire qu’avec une jeunesse qui va bien, souligne-t-elle. Le tableau peut paraître noir, les mineurs étant responsables de 60 % des faits de délinquance mais je le vois tous les jours, la jeunesse calédonienne est belle, dynamique et riche d’idées ! ».

L’essentiel de sa mission consiste à donner les moyens aux jeunes en difficulté de trouver leur voie. Concrètement, cela se traduit au quotidien par la création et le suivi de chantiers d’insertion, ou de formations culturelles, artistiques ou sportives, en tribu comme en ville. « L’enjeu est de parvenir, par ces activités, à valoriser les jeunes et leur redonner confiance en eux », explique-t-elle. Et ça marche. « J’ai beaucoup de retours positifs sur le terrain, s’enthousiasme-t-elle. J’ai entendu une personne, qui a réussi sa réinsertion grâce au sport, dire aux plus jeunes de sa tribu « la bande c’est bien, mais quand les problèmes arrivent, à chacun son parapluie ». Une autre personne réinsérée à Thio est devenue présidente d’association. C’est une formidable réussite que de voir ces jeunes devenir des exemples pour les autres ».

Il reste beaucoup à faire. Marie-Françoise Hmeun s’investit pour que le service civique pour les 16-18 ans devienne une obligation. « L’école n’est plus obligatoire pour eux, mais ils sont mineurs et ne peuvent donc pas travailler facilement, précise-t-elle. Nous avons du mal à trouver des solutions pour les jeunes de cette tranche d’âge en difficulté ». Le service civique serait une voie selon elle. Le dispositif offre la possibilité de mener une mission auprès d’une organisation dans le domaine de la santé, l’environnement, la culture etc., contre une indemnité mensuelle et une couverture sociale.

De son point de vue, la jeunesse calédonienne ne devrait pas être un sujet politique, mais un thème fédérateur. « Le pays a les moyens de réorienter les budgets pour aider cette jeunesse laissée sur le côté de la route”. la route », assure la présidente de la commission de l’emploi et la formation professionnelle.