Agriculture : des efforts qui commencent à porter leurs fruits

Soutenir l’agriculture et l’élevage, trouver de nouveaux investisseurs et des débouchés pour chaque filière, mais aussi faciliter l’installation des jeunes générations. En moins de deux ans, la province Sud a investi 1 milliard de francs CFP dans le secteur agricole, avec la volonté de tendre vers l’autosuffisance alimentaire via sa politique publique agricole provinciale (PPAP). Plus de 400 personnes étaient réunies mercredi dernier à Bourail pour tirer un premier bilan de ces efforts pour nourrir les Calédoniens.

La province Sud a présenté mercredi 18 juillet le 1er bilan de sa politique publique agricole provinciale (PPAP) aux agriculteurs et spécialistes réunis à Bourail. L’occasion pour les participants de découvrir les nombreuses avancées sur l’ensemble des filières. Toutes les filières (céréales, maraîchage, bovins, ovins, poulets de chair, agriculture familiale) ont été passées à la loupe.

+ 38 % pour la filière légumes, + 127 % pour les céréales

Parmi les très bonnes nouvelles : les céréaliers ont plus que doublé leur production entre 2013 et 2017, et les maraîchers ont vu leur production augmenter de 35 %. Des filières à rendement annuel, ce qui n’est pas le cas de toutes les filières, notamment bovine, qui a souffert d’un léger recul dû à la sécheresse et aux cheptels demandant plusieurs années pour se constituer. Dans cette filière, l’objectif à l’horizon 2025 est d’atteindre un taux de couverture de 85 %, soit de produire 6 000 tonnes de viandes localement.

Des investissements conséquents

A ce jour, 2,5 milliards ont été investis dans l’agriculture, dont 1 milliard de francs par la province Sud à travers notamment 310 projets aidés. Une politique volontariste confortée par le grand travail foncier engagé par le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, avec les baux ruraux et la réflexion sur la politique de l’eau.

Les leviers ? En plus d’être aux côtés des agriculteurs déjà installés et de participer à la structuration des filières, il s’agit de soutenir la jeunesse dans le montage de ses projets et à pousser des investisseurs à parier sur l’agriculture et l’alimentation des Calédoniens. Philippe Michel, président de la province Sud, constate : « Ça marche. Sur nos appels à projets, notamment sur la filière poulet et la filière fruits, des gens qui ne sont pas des agriculteurs de père en fils ou de vocation, sont prêts à investir. C’est la démonstration que le secteur de la production agricole est un secteur d’activité économique à développer et à valoriser. Ce qui est absolument capital pour pouvoir atteindre nos objectifs de tendre vers l’autosuffisance alimentaire ».

La question de l’eau

Et les efforts engagés portent leurs fruits : le taux d’autosuffisance alimentaire a progressé de 13 à 18 % entre 2013 et 2017. Pour autant les services provinciaux restent prudents, les agriculteurs et notamment les éleveurs et la filière fruits étant soumis aux aléas naturels.

C’est pourquoi des améliorations vont être apportées et notamment à l’épineuse question de l’eau : 850 millions de francs CFP, issus d’un contrat de développement en partenariat avec l’Etat, devraient permettre d’irriguer plusieurs exploitations sur la commune de Boulouparis.

Le secteur rassuré et motivé

Pour Gérard Pasco, président de la Chambre d’agriculture, la PPAP est nécessaire et les autres provinces doivent s’investir dans la dynamique : « On encourage la province Nord à s’en inspirer : il y a du potentiel partout. Pour nous, il doit y avoir une politique agricole cohérente sur tout le pays. Il y a des avancées dans ce sens avec les baux ruraux, la réforme des transmissions, ou la politique de l’eau… » Une volonté entendue par Philippe Caplong, chef du service Agriculture de la province Nord, qui était également dans la salle hier : « La province Nord a ses propres dispositifs d’aide et d’accompagnement, il y a des spécificités, des contraintes différentes au Nord et au Sud. Ce qui ne nous empêche pas d’être ouverts et intéressés par tout ce qui marche au Sud, c’est la raison de notre présence aujourd’hui ».

Chez les éleveurs et agriculteurs, même son de cloche : « Nous avons besoin d’entendre les choses, confie Jean-Pierre Aïfa, figure bouraillaise et éleveur. Nous sommes habitués à l’oralité, c’est important de rendre compte, de se rencontrer, de parler, et de fixer un rendez-vous annuel ».