1 200 cochons par an élevés à La Tontouta

Avec une production locale qui dépasse 80% des volumes vendus, le territoire est quasiment autosuffisant en viande porcine. Mais pas en produits transformés, qu’il faut encore importer. Rencontre avec Philip Delathière qui maîtrise tous les maillons de la chaîne de production et fournit 1 200 bêtes par an à l’OCEF.

C’est une véritable filière qu’a fondée Philip Delathière il y a déjà plus de 30 ans. L’exploitation SCA Quai Manto à La Tontouta est l’un des élevages de porcs les plus important en province Sud . En 2017, il a revendu 1 200 porcs à l’Office de Commercialisation et d’Entreposage Frigorifique (OCEF), qui se charge de l’abattage et de la revente de la viande. Chaque semaine, Philip doit fournir 25 porcs. Et pour qu’elles soient bien revendues, il faut que les bêtes soient calibrées. Leur poids idéal ? 94 kilos.

En amont, c’est un travail minutieux qui s’opère. De l’insémination à la maternité en passant par le post-sevrage et l’engraissement, jusqu’au départ de l’exploitation : l’éleveur et ses trois employés s’occupent de tout. « Pour être compétitifs et productifs, nous faisons venir de Métropole une semence congelée pour l’insémination artificielle des truies. Cela permet d’avoir moins de gras dans la viande ». Rien n’est laissé au hasard. Surtout pas l’alimentation des bêtes. « C’est 80% du coût de production. L’achat de céréales est une dépense non négligeable pour les éleveurs comme moi », assure Philip Delathière. Il a même construit sur son exploitation un centre de fabrication céréalière pour réaliser lui-même ses mélanges. « Cela permet aussi d’avoir la main sur la nourriture, être sûr de ce qu’ils mangent c’est important ».

Cette année, il souhaite augmenter son autonomie et réserver 50 hectares pour planter son propre maïs. Un projet qui devrait voir le jour d’ici peu.

Pour augmenter la production, l’agriculteur a aussi agrandi ses bâtiments en janvier dernier. Un renouveau pour celui qui est dans le domaine depuis les années 1990. En 2012, Philip n’avait qu’un seul quota OCEF, aujourd’hui, il en compte 48. « Un travail de longue haleine » qui évolue et s’automatise. Les logiciels informatiques et les distributeurs de nourriture automatisés ont pris place sur la propriété. À terme, il espère assister à la création d’une coopérative et à la pérennisation du développement de la filière sur le territoire. Un travail qui s’inscrit dans l’objectif de la politique publique agricole provinciale (PPAP), qui souhaite, à l’horizon 2025, produire localement 30% de la part de jambon cuit, soit 250 tonnes. Pour l’heure, les considérations sont encore à la baisse des coûts de production et à la structuration de la filière.

 

Continuer la lecture : Comment se porte la filière porcine ?